Musique dans un salon de coiffure en Suisse : tarif SUISA et démarches
La musique donne le ton d'un salon : elle couvre le bruit des sèche-cheveux, détend vos clientes et fait partie de l'expérience qu'elles retiennent. Mais en Suisse comme ailleurs, diffuser de la musique dans un lieu ouvert à la clientèle n'est pas gratuit. Beaucoup de gérants romands découvrent l'existence de SUISA le jour où une facture arrive, et la première réaction est souvent de la prendre pour une arnaque. Elle ne l'est pas.
Cet article est publié sur le blog de ViteUneCoupe, la réservation en ligne gratuite et sans commission pour les salons de coiffure. La musique ne passe pas par notre logiciel, mais la gestion d'un salon sans mauvaise surprise, oui : voici ce que prévoit réellement le système suisse, avec les montants vérifiés sur les documents officiels en octobre 2026.
Pourquoi SUISA facture votre salon de coiffure
Écouter de la musique chez soi relève de l'usage privé. La diffuser dans votre salon, où clientes, équipe et visiteurs l'entendent, est une utilisation publique au sens de la loi sur le droit d'auteur. Deux familles de droits doivent alors être rémunérées :
- les droits d'auteur, pour les compositeurs, auteurs et éditeurs des morceaux ;
- les droits voisins, pour les artistes-interprètes et les producteurs, gérés par SWISSPERFORM.
Pour la musique de fond, tout passe par un seul tarif, le tarif commun 3a (TC 3a), encaissé par SUISA au nom des cinq sociétés de gestion suisses (SUISA, SWISSPERFORM, ProLitteris, SSA, SUISSIMAGE). Une seule déclaration, une seule facture annuelle. La source n'a aucune importance : radio, CD, playlist, streaming ou télévision, c'est la diffusion dans votre salon qui déclenche la redevance, pas le support. Le tarif couvre aussi la musique d'attente de votre ligne téléphonique.
Si vous exploitez aussi un salon en France, ne transposez rien : la SACEM et la SPRÉ n'existent pas en Suisse, et le système français fonctionne autrement, comme l'explique notre article sur la musique au salon de coiffure en France.
Combien coûte le tarif commun 3a pour un salon ?
Les montants ci-dessous proviennent du tarif commun 3a publié par SUISA (constatés en octobre 2026). La redevance se calcule par mois civil et par lieu d'utilisation, selon la surface sonorisée. Pour un salon jusqu'à 1 000 m², autant dire tous les salons de coiffure :
| Utilisation | Droits d'auteur | Droits voisins | Total par mois |
|---|---|---|---|
| Musique seule (radio, playlist, streaming) | CHF 14.40 | CHF 4.80 | CHF 19.20 |
| Avec images (télévision, clips sur écran) | CHF 15.60 | CHF 5.20 | CHF 20.80 |
Sur l'année, la musique de fond coûte donc CHF 230.40, hors TVA (la TVA s'ajoute au taux en vigueur, 8,1 % actuellement, comme détaillé dans notre guide de la TVA pour un salon de coiffure en Suisse). Si vous vous annoncez via le portail client en ligne de SUISA, un rabais de 5 % s'applique, soit environ CHF 219 par an pour la musique seule.
La surface sonorisée comprend tous les espaces où la musique est audible : coiffage, bacs, accueil, et le cas échéant la vitrine. Si la surface n'est pas déterminable, le tarif compte 5 m² par place. Un écran qui n'affiche que vos tarifs ou votre planning ne diffuse pas d'œuvres : seule la diffusion de musique ou d'émissions compte.
À noter : le tarif commun 3a actuel court jusqu'au 31 décembre 2026 au plus tard. Un nouveau tarif doit prendre le relais en 2027 ; vérifiez les montants sur suisa.ch au moment de votre déclaration.
La redevance radio-TV des entreprises : une autre facture, souvent à zéro
Ne confondez pas SUISA avec la redevance radio-TV. Les ménages la paient via Serafe ; les entreprises, elles, la paient via l'Administration fédérale des contributions (AFC), qui se base sur le registre TVA. Selon le barème de l'AFC (constaté en octobre 2026) :
- en dessous de CHF 500 000 de chiffre d'affaires annuel mondial, votre entreprise ne paie rien : c'est le cas de la plupart des salons de coiffure ;
- au-delà, la facture arrive automatiquement chaque année, la tranche la plus basse du barème étant fixée à CHF 160 par an ;
- dès le 1er janvier 2027, le seuil passe à CHF 1,2 million de chiffre d'affaires : la quasi-totalité des salons en sera exonérée.
Cette redevance finance la radio et la télévision suisses. Elle ne vous autorise pas à diffuser de la musique au salon : pour cela, c'est bien le tarif commun 3a de SUISA qu'il faut, même si votre entreprise est exonérée de la redevance radio-TV.
Radio, playlist, streaming : qu'est-ce qui est couvert ?
L'autorisation SUISA couvre la diffusion dans votre salon quelle que soit la source : radio, télévision, CD, fichiers, service de streaming. Mais elle ne remplace pas les conditions d'utilisation de votre service de musique. Les abonnements de streaming grand public sont réservés, selon leurs propres conditions, à un usage personnel et privé : diffuser votre compte personnel au salon viole ces conditions, même avec une licence SUISA en règle. Pour être irréprochable des deux côtés, utilisez la radio, vos propres supports, ou une offre de musique professionnelle destinée aux commerces.
Et la musique « libre de droits » ? Si les morceaux n'appartiennent à aucun répertoire géré par les sociétés suisses, aucune redevance TC 3a n'est due pour eux. En pratique, vérifiez précisément ce que couvre votre fournisseur : au moindre titre du répertoire protégé diffusé au salon, la redevance s'applique.
S'annoncer à SUISA : la démarche en pratique
La déclaration prend quelques minutes et vous évite tout litige :
- Annoncez-vous dans les 10 jours suivant le début de la diffusion, c'est le délai prévu par le tarif. Le plus simple est le portail client sur suisa.ch, qui donne droit au rabais de 5 %.
- Indiquez votre lieu d'utilisation (adresse du salon) et le type de diffusion : musique seule ou avec images.
- Recevez une facture annuelle, valable pour l'année civile, payable à 30 jours. L'autorisation est considérée comme octroyée une fois le paiement effectué dans les délais.
- Signalez tout changement (déménagement, fermeture, ajout d'une télévision) jusqu'au 15 janvier pour l'année précédente : SUISA adapte la facture.
Si vous êtes en train d'ouvrir un salon de coiffure en Suisse, ajoutez SUISA à votre checklist de lancement, au même titre que l'AVS ou l'assurance : la déclaration spontanée coûte toujours moins cher que la régularisation.
Ne pas déclarer : la redevance doublée
SUISA envoie chaque année environ 40 000 factures à de nouveaux clients potentiels repérés notamment par démarchage et signalements. Le tarif est clair sur les conséquences : en cas d'utilisation de musique sans autorisation acquise, ou d'informations inexactes données intentionnellement ou par négligence grave, les redevances sont doublées, et des dommages-intérêts supérieurs restent réservés. Sur un petit montant annuel, le jeu n'en vaut clairement pas la chandelle.
Un dernier mot de gestion : la musique participe à l'expérience de vos clientes, au même titre que l'accueil, la ponctualité ou la facilité à prendre rendez-vous. Pour ce dernier point, un agenda en ligne pour salon de coiffure laisse vos clientes réserver elles-mêmes à toute heure ; et si vous comparez les outils disponibles en Romandie, notre comparatif des logiciels de réservation pour salon de coiffure en Suisse passe en revue les acteurs du marché avec leurs prix en francs.
Questions fréquentes
Je ne diffuse que la radio, dois-je quand même payer SUISA ?
Oui. La diffusion de la radio dans un lieu accessible à la clientèle est une utilisation publique couverte par le tarif commun 3a, au tarif « musique seule » de CHF 19.20 par mois. Le fait que la station paie déjà ses propres droits ne couvre pas la diffusion dans votre salon.
Combien coûte la musique pour un salon de coiffure suisse typique ?
CHF 230.40 par an hors TVA pour la musique de fond (CHF 249.60 avec télévision), moins 5 % si vous vous annoncez via le portail en ligne de SUISA. Montants du tarif commun 3a pour les surfaces jusqu'à 1 000 m², constatés en octobre 2026 ; un nouveau tarif est attendu pour 2027.
Quelle est la différence entre SUISA et la redevance radio-TV des entreprises ?
SUISA encaisse les droits d'auteur et les droits voisins pour la musique que vous diffusez au salon (tarif commun 3a). La redevance radio-TV des entreprises, encaissée par l'AFC sur la base du registre TVA, finance les médias suisses : elle ne concerne que les entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse CHF 500 000 (CHF 1,2 million dès 2027) et ne donne aucun droit de diffusion. Ce sont deux obligations distinctes.
Puis-je utiliser mon abonnement Spotify personnel au salon ?
La licence SUISA règle les droits de diffusion, mais les conditions d'utilisation des services de streaming grand public réservent les comptes personnels à un usage privé. Pour être en règle des deux côtés, passez par la radio, vos propres supports ou une offre professionnelle pour commerces.
Que se passe-t-il si je n'ai jamais déclaré mon salon ?
Régularisez spontanément via le portail client de SUISA plutôt que d'attendre un courrier. Le tarif prévoit le doublement des redevances en cas d'utilisation sans autorisation, et la déclaration en ligne donne droit à un rabais de 5 %. Une annonce est due dans les 10 jours suivant le début de la diffusion.
Mon salon est tout petit, le tarif est-il réduit ?
Non. La tranche de base du tarif commun 3a couvre toutes les surfaces jusqu'à 1 000 m² au même prix : un studio de coiffure de 20 m² paie le même montant qu'un salon de 300 m². Les suppléments ne commencent qu'au-delà de 1 000 m² de surface sonorisée, un cas qui ne concerne pratiquement aucun salon de coiffure.