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Ouvrir un salon de coiffure en Suisse : étapes, statut et budget

Rédigé par Publié le 10 min de lecture
Illustration d'une coiffeuse souriante accrochant l'enseigne de son nouveau salon de coiffure, dans une rue de Suisse romande avec vue sur les montagnes

Ouvrir un salon de coiffure en Suisse est administrativement plus simple que ne le laissent croire beaucoup de guides en ligne : la coiffure n'est pas une profession réglementée au niveau fédéral, et aucun diplôme n'est légalement exigé pour créer votre salon. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a rien à faire : statut juridique, AVS, TVA, CCT si vous embauchez, budget en francs. Ce guide reprend les étapes dans l'ordre, avec les sources officielles.

Un point souvent découvert trop tard : un salon tout neuf avec un agenda vide, c'est la pire période de trésorerie du projet. Vous pouvez préparer une page de réservation en ligne gratuite et sans commission avant même de signer le bail, sans toucher à votre budget travaux.

Faut-il un CFC pour ouvrir un salon de coiffure en Suisse ?

Non. Contrairement à la France, où le brevet professionnel reste exigé pour exploiter un salon, la coiffure ne figure pas sur la liste des professions et activités réglementées en Suisse publiée par le SEFRI (version de mai 2024, consultée en octobre 2026). Toute profession absente de cette liste peut être exercée librement, sans autorisation préalable. La fiche pratique d'entreprendre.ch sur l'ouverture d'un salon de coiffure le confirme : le certificat fédéral de capacité n'est pas une condition fédérale générale pour ouvrir un salon.

Trois nuances importantes, pour ne pas lire ce qui précède trop vite :

  • Le CFC reste la norme du métier. La quasi-totalité des gérantes et gérants de salons romands sont titulaires d'un CFC de coiffeuse ou coiffeur, et la clientèle comme les bailleurs y sont attentifs. L'absence d'obligation légale ne dispense pas de maîtriser les prestations que vous vendez.
  • Former des apprentis exige une autorisation cantonale. Exploiter un salon et former la relève sont deux choses distinctes : la seconde passe par une autorisation de former délivrée par le canton, avec des exigences de qualification précises. Nous détaillons tout cela dans notre guide pour engager un apprenti coiffeur en Suisse.
  • Certains soins esthétiques sont réglementés. Si votre salon propose aussi des traitements utilisant des appareils à rayonnement non ionisant (lumière pulsée, laser), une attestation de compétences est obligatoire depuis le 1er juin 2024 en vertu de l'O-LRNIS, comme l'explique orientation.ch. La coupe, la couleur et le brushing ne sont pas concernés.

Pour un panorama côté branche, coiffureSUISSE publie des guides et fiches pratiques sur l'indépendance, réservés en partie à ses membres.

Raison individuelle ou Sàrl : choisir la forme juridique

C'est la première vraie décision. En Suisse romande, les salons de coiffure se créent essentiellement sous deux formes :

Critère Raison individuelle Sàrl
Capital minimum Aucun CHF 20 000, entièrement libérés
Responsabilité Personnelle et illimitée Limitée au capital (hors garanties signées)
Registre du commerce Obligatoire dès CHF 100 000 de chiffre d'affaires annuel Obligatoire dès la création
Création Rapide et peu coûteuse Notaire et frais de constitution
Image Suffisante pour un salon Rassure bailleurs et banques

Le portail PME de la Confédération précise la règle du registre du commerce : l'inscription d'une entreprise individuelle devient obligatoire lorsque le chiffre d'affaires annuel atteint CHF 100 000 ; en dessous, elle reste possible sur une base volontaire, pour quelques centaines de francs.

En pratique : une coiffeuse qui se lance seule, prudemment, démarre souvent en raison individuelle, puis transforme en Sàrl quand le salon grandit ou qu'un local plus cher exige de protéger le patrimoine familial. Si vous hésitez, posez la question à une fiduciaire avant de signer le bail, pas après. Et si votre projet consiste plutôt à louer un fauteuil chez un autre gérant pour tester votre clientèle, lisez d'abord notre article sur la location de fauteuil en salon de coiffure en Suisse : le statut social n'y est pas automatique.

AVS : faire reconnaître votre statut d'indépendant

En raison individuelle, vous devez vous annoncer à une caisse de compensation AVS, qui décide au cas par cas si votre activité est réellement indépendante : travailler en son propre nom, assumer le risque économique, organiser librement son travail, servir plusieurs clients. Un salon avec vitrine, bail et clientèle propre remplit ces critères sans difficulté.

Côté chiffres, le mémento 2.02 de l'AVS sur les cotisations des indépendants (état au 1er janvier 2026) fixe la cotisation AVS/AI/APG des indépendants à 10 % du revenu de l'activité. Un barème dégressif s'applique en dessous de CHF 60 500 de revenu annuel, avec un taux plancher de 5,371 %, et une cotisation minimale de CHF 530 pour les tout petits revenus. Les caisses facturent des acomptes trimestriels, régularisés ensuite sur la base de la taxation fiscale : annoncez vite toute variation importante de revenu, sinon la régularisation fait mal.

Point à ne pas oublier : en tant qu'indépendante ou indépendant, vous n'êtes assuré ni contre le chômage ni contre les accidents, et vous n'êtes pas soumis à la prévoyance professionnelle obligatoire. Couvrir ces risques vous appartient ; notre article sur les assurances d'un salon de coiffure en Suisse fait le tour de ce qui est obligatoire et de ce qui est prudent.

Embaucher dès l'ouverture : la CCT s'applique d'office

Si vous engagez du personnel, la convention collective de travail de la coiffure, déclarée de force obligatoire, s'applique automatiquement à votre salon, que vous soyez membre d'une association patronale ou non. Salaires minimaux selon la qualification, durée du travail, vacances : le texte de la CCT coiffure est consultable sur gav-service.ch, et nous avons détaillé les minima et le coût employeur réel dans notre article sur le salaire d'un coiffeur en Suisse.

S'ajoutent les obligations d'employeur : assurance-accidents LAA, prévoyance professionnelle LPP dès les seuils de salaire atteints, allocations familiales, impôt à la source le cas échéant. Le parcours complet, du contrat de travail au premier jour de votre collaboratrice, fait l'objet de notre guide pour engager un coiffeur ou une coiffeuse en Suisse.

TVA, affichage des prix, données clients : les obligations du quotidien

Trois obligations accompagnent la vie du salon dès l'ouverture, et chacune a son guide dédié :

  • La TVA : vous devenez assujetti dès CHF 100 000 de chiffre d'affaires annuel, avec un taux de 8,1 % et une méthode simplifiée propre à la coiffure. Les seuils, les délais et le choix de méthode sont détaillés dans notre article sur la TVA d'un salon de coiffure en Suisse.
  • L'affichage des prix : l'ordonnance sur l'indication des prix cite nommément les salons de coiffure, et le SECO contrôle réellement la branche. Les règles exactes sont dans notre guide de l'affichage des prix en salon de coiffure en Suisse.
  • Le fichier clients : la nouvelle loi sur la protection des données s'applique au moindre fichier de coordonnées, et vos notes techniques peuvent contenir des données sensibles. Notre checklist nLPD pour salon de coiffure couvre l'essentiel.

Le budget d'ouverture en CHF, poste par poste

Soyons honnêtes : il n'existe aucun chiffre officiel du coût d'ouverture d'un salon en Suisse, et tout dépend du local, de la ville et de l'état du marché. À titre d'illustration, la fiche d'entreprendre.ch citée plus haut propose un exemple à CHF 72 000 au total (aménagement CHF 25 000, mobilier et équipement CHF 18 000, stock initial CHF 5 000, réserve d'exploitation CHF 24 000), hors garantie de loyer et hors reprise de fonds de commerce. Prenez ces montants pour ce qu'ils sont : un ordre de grandeur, pas un devis.

Les postes à chiffrer avec votre fiduciaire, dans un exemple volontairement hypothétique :

Poste À prévoir
Frais de création (RC, notaire si Sàrl) De quelques centaines de francs à plus de CHF 2 000
Garantie de loyer et premiers loyers Souvent 3 mois de loyer bloqués
Travaux et mise en conformité du local Très variable selon l'état du local
Fauteuils, bacs, matériel technique Neuf ou reprise d'équipement existant
Stock de départ (colorations, soins, revente) Premier assortiment
Communication d'ouverture Enseigne, vitrine, fiche Google, réseaux
Trésorerie de sécurité Idéalement plusieurs mois de charges fixes

Pour structurer tout cela, notre guide du business plan de salon de coiffure donne une trame complète ; pensez simplement en francs suisses et avec les charges sociales suisses.

Côté financement, les banques suisses demandent des garanties qu'un projet de salon n'a pas toujours. Deux dispositifs romands méritent d'être connus : le Cautionnement romand, qui garantit des crédits bancaires jusqu'à un million de francs pour les PME, y compris en création, et à Genève la Fondation d'aide aux entreprises (FAE), antenne genevoise du dispositif, qui propose cautionnement, avances de liquidités et prises de participation. Les autres cantons romands ont leurs propres antennes et guichets pour entreprises : un passage par le site de votre canton avant le rendez-vous bancaire ne coûte rien.

Remplir l'agenda dès le premier jour

Le bail est signé, les fauteuils sont montés : reste à faire entrer des clientes. Trois chantiers à lancer avant l'ouverture :

  • Votre fiche Google : créez et complétez votre fiche Google Business Profile dès que l'adresse est connue. C'est le premier endroit où l'on vous cherchera, bien avant votre vitrine.
  • La réservation en ligne : ouvrez votre page de réservation avant le jour J pour encaisser vos premiers rendez-vous dès l'ouverture. Avec ViteUneCoupe, la version gratuite inclut les réservations en ligne illimitées, 0 % de commission pour toujours, la page de réservation personnalisée, le catalogue de prestations, le fichier clients et les horaires de l'équipe. L'offre Standard, dès 29 € HT par mois sans engagement, ajoute les confirmations, rappels et remerciements par email ainsi que la synchronisation calendrier ; la protection anti rendez-vous non honorés par empreinte bancaire arrive bientôt dans l'offre Standard + Anti No-Show à 49 € HT par mois. Soyons transparents pour un salon suisse : la facturation se fait en euros, et il n'y a pas de rappels par SMS. Pour comparer avec les acteurs du marché romand, notre comparatif des logiciels de réservation pour salon de coiffure en Suisse met les prix en CHF côte à côte.
  • Le plan d'acquisition locale : offre d'ouverture, quartier, réseaux sociaux. Notre guide pour attirer des clients dans votre salon de coiffure donne un plan d'action complet.

Questions fréquentes

Peut-on ouvrir un salon de coiffure en Suisse sans CFC ?

Oui, légalement. La coiffure ne figure pas sur la liste des professions réglementées du SEFRI, donc aucun diplôme n'est exigé pour créer et exploiter un salon. Le CFC reste en revanche indispensable pour former des apprentis (via l'autorisation cantonale de former) et demeure la référence du métier auprès de la clientèle.

Quel capital faut-il pour créer une Sàrl ?

CHF 20 000, entièrement libérés à la création, avec passage chez le notaire et inscription obligatoire au registre du commerce. En raison individuelle, aucun capital minimum n'est exigé et l'inscription au registre du commerce ne devient obligatoire qu'à partir de CHF 100 000 de chiffre d'affaires annuel.

Quelles cotisations sociales paie une coiffeuse indépendante ?

La cotisation AVS/AI/APG des indépendants est de 10 % du revenu, avec un barème dégressif en dessous de CHF 60 500 par an (jusqu'à 5,371 %) et une cotisation minimale de CHF 530 (état au 1er janvier 2026). S'y ajoutent les frais administratifs de la caisse de compensation. Chômage, accidents et prévoyance professionnelle ne sont pas couverts automatiquement.

À partir de quand faut-il facturer la TVA ?

Dès que votre chiffre d'affaires annuel atteint CHF 100 000. Le taux normal de 8,1 % s'applique aux prestations de coiffure, et un taux de la dette fiscale nette spécifique à la branche simplifie les décomptes. Le détail est dans notre article sur la TVA d'un salon de coiffure en Suisse.

La CCT coiffure s'applique-t-elle à un nouveau salon ?

Oui, dès le premier salarié. La CCT de la coiffure est déclarée de force obligatoire : ses salaires minimaux, sa durée du travail et ses vacances s'imposent à tous les salons de Suisse, membres ou non d'une association professionnelle. Les apprentis ont leur propre régime cantonal.

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