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Ouvrir un salon de coiffure au Québec : le guide étape par étape

Rédigé par Publié le 14 min de lecture
Illustration d'une coiffeuse fière ouvrant la porte de son nouveau salon de coiffure, dans une rue québécoise aux façades colorées avec escaliers extérieurs et érables aux couleurs d'automne

Bonne nouvelle pour commencer : au Québec, vous n'avez besoin d'aucun permis provincial ni d'aucun diplôme obligatoire pour exercer la coiffure ou exploiter un salon. C'est l'une des grandes différences avec la France ou la Belgique, et c'est aussi pourquoi les guides européens qui circulent en ligne vous induisent en erreur dès la première section.

Déréglementé ne veut pas dire sans démarches pour autant. Entre l'immatriculation au Registraire des entreprises, les taxes, le permis d'occupation de votre ville, les assurances et la CNESST si vous embauchez, il y a un vrai parcours à suivre, et un ordre logique pour le faire. Ce guide le reprend étape par étape, avec les sources officielles québécoises. Et comme un salon qui ouvre a surtout besoin de clients, sachez dès maintenant qu'un poste du budget peut rester à 0 $ : la prise de rendez-vous en ligne de votre futur salon peut être gratuite et sans commission, dès le jour 1.

Faut-il un permis ou un diplôme pour ouvrir un salon de coiffure au Québec ?

Non. La coiffure n'est pas une profession à exercice exclusif au Québec : aucun ordre professionnel, aucun permis provincial, aucun diplôme légalement exigé pour couper des cheveux ou exploiter un salon.

Une profession déréglementée depuis 2020

Historiquement, le métier était encadré région par région par des décrets de convention collective, avec des comités paritaires qui fixaient salaires minimums, heures d'ouverture et même prix planchers. Ces décrets ont été abolis les uns après les autres, et le tout dernier, le Décret sur les coiffeurs de la région de l'Outaouais, a été abrogé le 15 juillet 2020, comme l'annonce le communiqué officiel du gouvernement du Québec. Depuis cette date, plus aucune région du Québec n'impose de cadre particulier à l'exercice de la coiffure.

Attention à une nuance : déréglementé au niveau provincial ne signifie pas zéro obligation. Votre salon reste une entreprise comme les autres (immatriculation, taxes, permis municipal) et certaines villes ont leurs propres exigences pour les locaux commerciaux. On y vient plus bas.

Le DEP et le certificat de qualification restent de vrais atouts

Dans les faits, la plupart des coiffeuses et coiffeurs québécois passent par le diplôme d'études professionnelles (DEP) en coiffure, et il existe un certificat de qualification professionnelle volontaire délivré par le ministère de l'Emploi, comme le résume la fiche Guichet-Emplois du gouvernement du Canada pour les propriétaires de salon au Québec. Volontaire veut dire : utile pour votre crédibilité, vos assurances et vos embauches, mais pas une condition légale d'ouverture. Si vous avez appris le métier sur le plancher, rien ne vous empêche d'ouvrir.

Choisir la forme juridique de votre entreprise

Trois formes couvrent l'immense majorité des salons qui démarrent :

Forme juridique Pour qui Points d'attention
Entreprise individuelle (travailleur autonome) Coiffeuse ou coiffeur seul qui démarre Simple et peu coûteuse ; vos biens personnels ne sont pas séparés de l'entreprise
Société par actions (incorporation) Projet plus ambitieux, local, employés Patrimoine protégé, fiscalité potentiellement avantageuse ; frais de constitution et comptabilité plus lourds
Société en nom collectif Deux associés ou plus sans incorporation Convention entre associés indispensable ; responsabilité partagée

Pour l'incorporation, vous pouvez constituer une société par actions provinciale (régie par la Loi sur les sociétés par actions du Québec) ou fédérale. Pour un salon de quartier, le provincial suffit largement. Notre guide s'incorporer ou rester travailleuse autonome pose le calcul complet pour un salon. Dans tous les cas, faites valider le choix par un comptable, idéalement un CPA, avant de signer quoi que ce soit : changer de forme ensuite coûte plus cher que la consultation.

L'immatriculation au Registraire des entreprises

C'est le passage obligé de presque toutes les entreprises québécoises : la déclaration d'immatriculation au Registraire des entreprises, qui vous attribue votre numéro d'entreprise du Québec (NEQ). Le portail officiel Québec.ca détaille qui doit s'immatriculer et comment.

Un cas particulier intéressant pour les travailleurs autonomes : si vous exploitez votre entreprise individuelle sous un nom qui comprend votre prénom et votre nom de famille (par exemple "Coiffure Marie Tremblay"), l'immatriculation n'est pas obligatoire, quoique possible volontairement. Dès que vous choisissez un nom de salon qui ne contient pas vos prénom et nom, elle le devient. Les frais sont modestes pour une entreprise individuelle : quelques dizaines de dollars au tarif régulier, selon la grille officielle du Registraire. Une société par actions paie des frais de constitution plus élevés, puis des droits annuels.

Le NEQ est ensuite la clé de tout le reste : ouverture des comptes fiscaux, compte bancaire d'entreprise, permis municipaux.

TPS et TVQ : quand devez-vous vous inscrire ?

Tant que vos ventes taxables restent sous 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs, vous êtes un "petit fournisseur" : l'inscription aux fichiers de la TPS et de la TVQ n'est pas obligatoire et vous ne percevez pas les taxes. Dès que vous dépassez ce seuil, l'inscription auprès de Revenu Québec devient obligatoire et vos prestations sont taxées (TPS 5 % et TVQ 9,975 %).

Un salon avec local et un fauteuil occupé à temps plein franchit ce seuil rapidement : prévoyez-le dans vos prix dès le départ plutôt que d'augmenter vos tarifs de 15 % en cours d'année. Le calcul du seuil, l'inscription volontaire pour récupérer les taxes sur vos achats de démarrage et la facturation sont détaillés dans notre guide sur la TPS et la TVQ pour un salon de coiffure.

Le local : zonage, permis d'occupation et bail commercial

Le permis d'occupation dépend de votre ville

Avant de signer un bail, vérifiez deux choses auprès de votre municipalité : que le zonage de l'adresse autorise un salon de coiffure, et quel certificat ou permis d'occupation est exigé. Les règles varient d'une ville à l'autre, et même d'un arrondissement à l'autre. À Montréal, par exemple, un permis d'occupation pour activité commerciale est exigé avant d'exploiter un commerce, avec des frais d'étude de dossier qui dépendent de l'arrondissement ; il faut le refaire en cas de déménagement ou de changement d'exploitant. À Québec, Gatineau, Sherbrooke ou Laval, les appellations et les frais diffèrent : un appel au service d'urbanisme de votre ville, avant la signature du bail, vous évite la pire surprise qui soit, un local loué où l'activité n'est pas permise.

Si des travaux modifient le local (plomberie des bacs à shampoing, façade, enseigne), un permis de rénovation ou d'enseigne peut s'ajouter. Comptez ces délais dans votre échéancier.

Le bail commercial au Québec

Le bail commercial québécois relève du Code civil du Québec et laisse une très grande liberté contractuelle : contrairement au bail résidentiel, il n'y a ni contrôle du loyer ni droit automatique au renouvellement. Tout se négocie et tout doit être écrit : durée, options de renouvellement, loyer et ses augmentations, qui paie quoi (taxes foncières, assurances, entretien, déneigement), travaux d'aménagement, clause de sous-location. Faites relire le bail par un avocat ou un comptable avant de signer : pour un salon, c'est l'engagement financier le plus lourd du projet, et une clause de renouvellement mal négociée peut vous faire perdre votre emplacement, donc votre clientèle de quartier, au bout du terme.

Assurances : la responsabilité civile avant tout

Aucune loi québécoise n'impose une assurance pour exploiter un salon de coiffure, mais s'en passer serait téméraire. Le socle habituel :

  • La responsabilité civile des entreprises : elle couvre les dommages causés aux clients, une réaction à une coloration, une brûlure, une chute dans le salon. C'est la protection numéro un.
  • L'assurance des biens : fauteuils, bacs, séchoirs, stock de produits, améliorations locatives. Beaucoup de baux commerciaux exigent d'ailleurs une preuve d'assurance du locataire.
  • La perte d'exploitation : elle compense le revenu perdu si un sinistre ferme le salon quelques semaines.

Passez par un courtier qui connaît les salons : les exclusions liées aux produits chimiques varient beaucoup d'un assureur à l'autre.

Embaucher du personnel : CNESST et normes du travail

Si vous démarrez seul, cette section attendra. Dès la première embauche, trois obligations principales s'activent :

  • L'inscription à la CNESST : tout employeur qui a au moins un travailleur au Québec doit s'inscrire à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, qui administre l'assurance contre les accidents du travail. L'inscription doit se faire dans les 60 jours suivant la première journée travaillée, et une prime calculée sur la masse salariale s'ajoute à vos coûts, comme l'expliquent les pages de la CNESST sur les obligations des employeurs.
  • Les retenues à la source : ouverture des comptes employeur auprès de Revenu Québec et de l'Agence du revenu du Canada pour prélever impôts et cotisations sur chaque paie.
  • Les normes du travail : salaire minimum, heures supplémentaires, congés, encadrées par la Loi sur les normes du travail et appliquées par la CNESST.

Le détail de ces démarches, taux par taux et avec un exemple de coût complet, est dans notre guide pour embaucher sa première coiffeuse au Québec ; et si vous pensez plutôt former la relève, le PAMT en coiffure et son crédit d'impôt méritent un détour.

Une alternative répandue dans la coiffure québécoise : au lieu d'embaucher, louer vos fauteuils à des coiffeuses et coiffeurs travailleurs autonomes. Moins de charges et de gestion, mais un cadre à respecter pour que la relation ne soit pas requalifiée en emploi : notre article sur la location de chaise dans un salon de coiffure au Québec détaille la formule. La location de chaise est aussi une façon de tester le métier de votre côté avant d'ouvrir vos propres murs.

Le français au salon : affichage et Charte de la langue française

Au Québec, l'affichage public et la publicité commerciale doivent se faire en français, et depuis le 1er juin 2025, le français doit être nettement prédominant dans l'affichage, y compris lorsque le nom du salon contient une marque dans une autre langue, comme l'explique l'Office québécois de la langue française. Pour un salon de quartier, c'est surtout une question de bon sens au moment de choisir le nom, l'enseigne et la vitrine : prévoyez le français d'abord, et vous n'aurez jamais de souci. Les obligations de francisation plus lourdes (inscription à l'OQLF, programmes de francisation) ne visent que les entreprises de 25 employés et plus, loin du salon qui démarre. Pour l'enseigne, le site web et la page de réservation, point par point, voyez notre guide de la Loi 96 au salon de coiffure.

Côté clientèle, rien ne vous empêche évidemment de servir vos clients en anglais à Montréal ou en Outaouais : vos outils peuvent suivre, l'interface de réservation de ViteUneCoupe existe d'ailleurs en français et en anglais.

Quel budget pour ouvrir un salon de coiffure au Québec ?

Avant de chiffrer une ouverture à neuf, sachez qu'une autre voie existe : reprendre un salon de coiffure existant, avec sa clientèle et son bail déjà en place. Pour une ouverture, il n'existe pas de statistique officielle du coût d'un salon au Québec, et quiconque vous donne un chiffre précis l'invente. Le budget dépend du local, de la ville et de l'état des lieux. Voici les postes à chiffrer dans votre plan d'affaires, avec des ordres de grandeur purement hypothétiques, à valider par vos propres soumissions :

Poste Ordre de grandeur hypothétique ($ CA)
Frais de démarrage (immatriculation, permis, comptable, avocat) De moins de 100 $ en travailleur autonome à quelques milliers en société
Dépôt et premiers mois de loyer Souvent 2 à 3 mois de loyer immobilisés
Travaux et plomberie des bacs Très variable : rafraîchissement léger ou aménagement complet
Fauteuils, postes de coiffage, bacs, séchoirs Quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers selon neuf ou usagé
Stock de départ (colorations, soins, revente) Premier assortiment chez un distributeur professionnel
Enseigne et communication d'ouverture Enseigne conforme à la Charte, fiche Google, réseaux sociaux
Coussin de trésorerie Idéalement plusieurs mois de frais fixes

Deux conseils valent mieux qu'un faux total : montez le plan d'affaires avec un comptable avant de signer le bail, et gardez un coussin de trésorerie, car un salon met des mois à bâtir sa clientèle régulière. Pour fixer vos tarifs dès l'ouverture, notre guide sur les prix des prestations en salon de coiffure donne une méthode de calcul à partir de vos coûts réels.

Un poste peut rester à zéro : le logiciel de prise de rendez-vous. Avec la version gratuite de ViteUneCoupe, vous avez les réservations en ligne illimitées, 0 % de commission pour toujours, une page de réservation personnalisée, le catalogue de vos services, les horaires de l'équipe et la fiche de chaque client. L'offre Standard, dès 29 € par mois hors taxes et sans engagement (la facturation se fait en euros, soit autour d'une quarantaine de dollars selon le taux de change), ajoute les confirmations et rappels par courriel et la synchronisation de calendrier ; la protection anti rendez-vous manqués par empreinte bancaire arrive bientôt dans l'offre Standard + Anti No-Show à 49 € par mois. Pour comparer avec les autres outils utilisés au Québec, consultez notre comparatif des logiciels de réservation pour salon de coiffure au Québec.

Remplir l'agenda dès les premières semaines

Le vrai risque d'un salon neuf n'est pas administratif, il est commercial : des fauteuils vides pendant que le loyer court. Trois chantiers à lancer avant même l'ouverture :

  1. Votre fiche Google : créez votre fiche Google Business Profile dès que le bail est signé, avec photos, horaires et services. C'est là que vos futurs clients vous chercheront en premier.
  2. La réservation en ligne dès le jour 1 : mettez votre page de réservation en ligne avant l'inauguration, pour encaisser des rendez-vous pendant que vous peinturez encore les murs. Partagez le lien sur votre fiche Google, Instagram et Facebook.
  3. Le fichier clients, proprement, dès la première cliente : coordonnées, historique, formules de couleur. Au Québec, la Loi 25 encadre la collecte et la protection de ces renseignements personnels : notre guide sur le fichier clients d'un salon de coiffure et la Loi 25 explique comment partir du bon pied.

Pour le reste du plan de lancement (offre d'ouverture, bouche-à-oreille de quartier, partenariats locaux), notre article pour attirer des clients dans votre salon de coiffure donne un plan d'action complet.

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour ouvrir un salon de coiffure au Québec ?

Non. La coiffure est déréglementée au Québec : aucun diplôme ni permis provincial n'est exigé pour exercer le métier ou exploiter un salon. Le DEP en coiffure et le certificat de qualification volontaire restent de vrais atouts professionnels, mais pas des conditions légales.

Le décret sur les coiffeurs existe-t-il encore ?

Non. Le dernier décret du secteur, celui des coiffeurs de la région de l'Outaouais, a été abrogé le 15 juillet 2020 par le gouvernement du Québec. Plus aucun comité paritaire n'encadre la coiffure dans la province.

Dois-je m'immatriculer au Registraire des entreprises ?

Oui dans la plupart des cas, pour obtenir votre NEQ. Exception : l'entreprise individuelle exploitée sous un nom qui comprend votre prénom et votre nom de famille, pour laquelle l'immatriculation est facultative. Une société par actions est immatriculée lors de sa constitution.

Quand dois-je percevoir la TPS et la TVQ ?

Dès que vos ventes taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs, vous perdez le statut de petit fournisseur et l'inscription aux fichiers de la TPS et de la TVQ devient obligatoire. Sous ce seuil, l'inscription est possible volontairement, notamment pour récupérer les taxes payées sur vos achats de démarrage.

Quel permis municipal faut-il pour un salon de coiffure ?

Cela dépend de votre ville : la plupart exigent un certificat ou permis d'occupation attestant que le zonage autorise votre activité à cette adresse. À Montréal, il se demande auprès de l'arrondissement avant d'exploiter le commerce. Vérifiez toujours le zonage avant de signer le bail.

Un logiciel de réservation est-il utile dès l'ouverture ?

Oui, c'est même le meilleur moment : votre page de réservation capte des rendez-vous dès que la fiche Google est publiée, jour et nuit, sans mobiliser quelqu'un au téléphone. Avec une version gratuite et sans commission comme celle de ViteUneCoupe, ce poste ne pèse rien dans le budget de démarrage.

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