TPS et TVQ pour un salon de coiffure au Québec : le guide pratique
Entre deux colorations, personne n'a envie de penser aux taxes. Pourtant, la question finit toujours par arriver : à partir de quel chiffre d'affaires votre salon de coiffure doit-il facturer la TPS et la TVQ, et que se passe-t-il si vous dépassez le fameux seuil de 30 000 $ sans vous en rendre compte ? Beaucoup de coiffeuses et de coiffeurs du Québec le découvrent au mauvais moment, quand le comptable annonce que le statut de petit fournisseur est perdu depuis des mois.
Ce guide répond aux questions concrètes qu'un salon québécois se pose vraiment : le seuil du petit fournisseur et ses subtilités, les taux à appliquer sur les coupes et sur la revente de produits, l'inscription aux fichiers de Revenu Québec, les crédits et remboursements de taxes sur vos achats, et le cas particulier de la location de chaise. Tout s'appuie sur les sources officielles, Revenu Québec et l'Agence du revenu du Canada, vérifiées en octobre 2026. Ce blogue est édité par ViteUneCoupe, un logiciel de prise de rendez-vous en ligne gratuit pour salon de coiffure sans commission : les taxes ne sont pas notre métier (votre comptable reste la bonne personne pour votre situation précise), mais la gestion d'un salon l'est, et ce sujet revient sans cesse chez les propriétaires d'ici.
Le seuil de 30 000 $ : êtes-vous un petit fournisseur ?
Au Québec, un salon n'a pas à facturer la TPS ni la TVQ tant qu'il est un « petit fournisseur ». La définition est précise : vous êtes petit fournisseur si le total de vos fournitures taxables n'excède pas 30 000 $ au cours d'un trimestre civil donné ni pour l'ensemble des quatre trimestres civils qui le précèdent (Revenu Québec, particularités concernant le petit fournisseur). Tant que c'est votre cas, vous n'avez ni à vous inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ ni à percevoir ces taxes.
Trois subtilités qui changent tout en pratique :
- Ce n'est pas une année civile, c'est une fenêtre glissante. Le calcul se refait en continu sur les quatre derniers trimestres civils : on peut franchir le seuil au beau milieu de l'année, pas seulement au 31 décembre.
- Tout compte ensemble. Prestations de coiffure, revente de shampoings et de produits coiffants, et, si vous êtes propriétaire du salon, les loyers de chaises facturés à des coiffeuses autonomes : ce sont toutes des fournitures taxables. Un salon qui fait 24 000 $ de coupes et 8 000 $ de vente de produits a dépassé le seuil. Le calcul exclut en revanche la TPS et la TVQ elles-mêmes ainsi que la vente d'immobilisations.
- Le chiffre de vos « associés » s'ajoute au vôtre. Si vous contrôlez une deuxième entreprise (un second salon incorporé, par exemple), les fournitures taxables des personnes associées se cumulent pour le test du seuil.
Que se passe-t-il quand vous dépassez 30 000 $ ?
Le moment où les taxes deviennent obligatoires dépend de la façon dont vous franchissez le seuil, et l'Agence du revenu du Canada distingue deux cas :
- Dépassement dans un seul trimestre civil : vous perdez le statut de petit fournisseur immédiatement. La taxe s'applique dès la vente qui vous fait passer au-dessus de 30 000 $, et vous avez 29 jours à compter de cette date pour demander votre inscription.
- Dépassement cumulé sur quatre trimestres consécutifs (sans dépasser dans un seul trimestre) : vous restez petit fournisseur jusqu'à la fin du mois qui suit le trimestre du dépassement. Les taxes s'appliquent ensuite à partir de votre première vente après cette date, et le délai de 29 jours court à partir de là.
Le piège classique du salon : des encaissements quotidiens en petites sommes, un total que personne ne regarde avant la déclaration de revenus, et un seuil franchi à l'automne découvert au printemps suivant. Les taxes jamais facturées aux clientes restent dues : elles sortent alors de votre marge. D'où un conseil très terre à terre : suivez votre chiffre d'affaires chaque mois, pas une fois par année. Un salon qui dépasse en moyenne 2 500 $ de ventes taxables par mois finira sa fenêtre de quatre trimestres au-dessus de 30 000 $.
Si vous démarrez, le sujet mérite d'être réglé dès le jour 1 : notre guide pour ouvrir un salon de coiffure au Québec replace cette question parmi toutes les autres démarches.
TPS 5 % et TVQ 9,975 % : quels taux sur quoi ?
Une fois inscrit, les taux sont simples. Les services de coiffure sont des fournitures taxables au sens plein : Revenu Québec cite textuellement « la prestation d'un service de coiffure » parmi les fournitures auxquelles s'appliquent la TPS au taux de 5 % et la TVQ au taux de 9,975 % (Revenu Québec, fournitures taxables, taux en vigueur en octobre 2026). Les produits revendus au salon (shampoings, soins, coiffants) suivent le même régime.
Détail qui compte pour votre caisse : les deux taxes se calculent chacune sur le prix de vente avant taxes, jamais l'une par-dessus l'autre. Revenu Québec accepte le calcul en deux étapes (5 %, puis 9,975 % sur le même prix) ou en une seule étape à 14,975 % (Revenu Québec, calcul des taxes).
Un exemple volontairement simplifié et hypothétique : une coupe affichée 60 $ donne 60 × 5 % = 3,00 $ de TPS et 60 × 9,975 % = 5,99 $ de TVQ, soit 68,99 $ à payer. Sur une année à 160 000 $ CA de ventes taxables avant taxes, un salon inscrit percevra environ 8 000 $ CA de TPS et 15 960 $ CA de TVQ à remettre, moins ce qu'il récupère sur ses achats (on y vient).
Vos prix affichés : avant ou après taxes ?
Contrairement à l'Europe, le Québec affiche avant taxes, et c'est légal : la règle du « prix tout inclus » de la Loi sur la protection du consommateur oblige à annoncer un prix qui comprend tous les frais, mais elle permet expressément d'ajouter au moment du paiement les montants perçus pour une autorité publique, dont la TPS et la TVQ (Office de la protection du consommateur, annonce d'un prix tout inclus). Votre carte de prix à 60 $ la coupe reste donc affichée 60 $, taxes en sus.
Conséquence moins agréable : le passage du statut de petit fournisseur à celui d'inscrit se voit directement sur la facture de vos clientes, qui paieront 14,975 % de plus à prix affiché égal, sauf si vous absorbez une partie des taxes dans vos prix. C'est le bon moment pour revoir votre grille : notre article sur les prix des prestations en salon de coiffure donne une méthode pour la construire.
S'inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ
Particularité québécoise : c'est Revenu Québec, et non l'Agence du revenu du Canada, qui administre les deux taxes pour les entreprises du Québec. Une seule démarche couvre donc la TPS et la TVQ (Revenu Québec, comment vous inscrire) :
- En ligne, avec le service Inscription d'une entreprise en démarrage si vous n'êtes inscrit à aucun fichier de Revenu Québec, ou via Mon dossier pour les entreprises si vous l'êtes déjà.
- Par formulaire, avec la Demande d'inscription (LM-1).
- Côté délais : de façon générale, l'inscription au fichier de la TVQ doit être demandée avant votre première fourniture taxable effectuée autrement qu'à titre de petit fournisseur, et celle au fichier de la TPS avant le 30e jour suivant cette première fourniture.
Vous recevez alors vos numéros de taxes (le numéro TVQ contient les lettres TQ), à faire figurer sur vos factures dès que requis, et une fréquence de déclaration vous est attribuée. À l'inverse, tant que vous n'êtes pas inscrit, vous ne devez pas facturer ces taxes à vos clientes.
Reçus, factures et pourboires : quoi inscrire
Bonne nouvelle : il n'existe pas de règle de facturation obligatoire propre aux salons de coiffure. Revenu Québec n'impose de facturation encadrée (avec module d'enregistrement des ventes) qu'aux restaurants, bars et taxis (Revenu Québec, préparation des factures). Un ticket de caisse ordinaire suffit pour vos ventes de tous les jours, mais certains renseignements deviennent requis selon le montant, surtout parce que vos clients inscrits (une entreprise qui vous commande des coiffures pour un tournage, par exemple) en ont besoin pour récupérer leurs taxes :
| Valeur totale de la vente (taxes comprises) | Renseignements requis |
|---|---|
| Moins de 100 $ | Nom du salon, date, montant total (et, pour la TVQ, montant de taxe et description) |
| De 100 $ à 499,99 $ | S'ajoutent les montants de TPS et de TVQ et vos numéros d'inscription |
| 500 $ ou plus | S'ajoutent le nom de l'acheteur, les modalités de paiement et la description complète |
Deux réflexes simples : indiquez séparément le prix et les taxes (ou précisez clairement qu'elles sont incluses), et affichez vos numéros de taxes sur vos reçus dès l'inscription.
Et les pourboires ? La règle publiée par Revenu Québec est limpide : les pourboires donnés librement ne sont pas assujettis à la TPS ni à la TVQ, mais un pourboire inscrit sur la facture à titre de frais de service, obligatoire ou suggéré, est taxable (Revenu Québec, pourboires et frais de service). Cette page vise d'abord la restauration ; le principe général est le même pour un salon, mais si vous songez à des frais de service sur facture, validez le montage avec votre comptable. Le pourboire laissé de bon cœur au bac reste, lui, hors taxes.
CTI et RTI : récupérer les taxes payées sur vos achats
Être inscrit n'a pas que des inconvénients. Un inscrit peut généralement récupérer la TPS et la TVQ payées sur les biens et services utilisés dans ses activités commerciales, en demandant un crédit de taxe sur les intrants (CTI) pour la TPS et un remboursement de la taxe sur les intrants (RTI) pour la TVQ (Revenu Québec, CTI et RTI).
Pour un salon, les intrants typiques sont les produits techniques achetés chez le grossiste, les fauteuils, bacs et séchoirs, le loyer commercial, les honoraires du comptable, le matériel et les travaux d'aménagement. Quelques exclusions à connaître : pas de CTI ni de RTI sur les salaires, les primes d'assurance ou les achats faits à des fins personnelles, et conservez vos pièces justificatives avec les renseignements du tableau ci-dessus.
C'est aussi ce qui rend l'inscription volontaire intéressante dans un cas précis : l'année des gros investissements. Un petit fournisseur peut choisir de s'inscrire même sous 30 000 $ ; il doit alors percevoir les taxes sur ses ventes et rester inscrit au moins un an, mais il récupère la TPS et la TVQ sur ses achats. Sur 50 000 $ CA d'aménagement (exemple hypothétique), près de 7 500 $ CA de taxes sont en jeu. Pour le salon de quartier déjà équipé dont la clientèle est entièrement privée, rester petit fournisseur demeure en général l'option la plus simple et la plus concurrentielle : faites le calcul avec votre comptable.
Un mot sur les achats en ligne auprès de fournisseurs hors Québec (abonnements logiciels, par exemple) : des règles particulières s'appliquent. La TVQ payée à un fournisseur hors Québec inscrit au régime désigné (numéro contenant les lettres NR) ne donne pas droit à un RTI ; un salon inscrit doit plutôt fournir son numéro de TVQ (lettres TQ) au fournisseur avant la transaction pour ne pas payer cette taxe (Revenu Québec, même page CTI et RTI). Si vous utilisez des services facturés de l'étranger, mentionnez-les à votre comptable pour que le traitement soit le bon.
Location de chaise : qui facture quoi ?
La « concession de chaise » est courante dans les salons québécois, et elle change la mécanique des taxes, car elle crée deux entreprises distinctes :
- La coiffeuse ou le coiffeur autonome qui loue la chaise exploite sa propre entreprise : son propre seuil de 30 000 $, sa propre inscription le moment venu, ses propres taxes à facturer à ses clientes une fois inscrit. Le chiffre d'affaires du locataire de chaise ne s'additionne pas à celui du salon (sauf entreprises associées, ce qui est rare dans ce contexte).
- Le salon qui loue la chaise effectue de son côté une fourniture taxable : le loyer de chaise est un revenu commercial qui compte dans son propre calcul du seuil et, si le salon est inscrit, la TPS et la TVQ s'ajoutent au loyer facturé à la coiffeuse. Bonne nouvelle pour la locataire inscrite : elle récupère ces taxes en CTI et RTI.
Précision importante : nous n'avons trouvé aucune règle de TPS ou de TVQ propre aux salons de coiffure sur ce point ; ce sont les règles générales qui s'appliquent. La particularité « coiffure » publiée par Revenu Québec concerne un autre terrain, celui des retenues et cotisations : selon que la personne qui coiffe est votre employée ou une travailleuse autonome, vos obligations d'employeur changent du tout au tout (Revenu Québec, particularités liées au type d'emploi, coiffeur). Et la frontière entre les deux statuts dépend du contrat réel, pas de son titre. Avant de signer ou de proposer une location de chaise, lisez notre guide sur la location de chaise en salon de coiffure au Québec et faites valider le montage par votre comptable. Et pour la coiffeuse à son compte, la TPS et la TVQ ne sont qu'une partie du portrait : acomptes provisionnels, RRQ et dépenses déductibles sont couverts dans notre guide des impôts de la coiffeuse travailleuse autonome.
Déclarer et remettre : à quelle fréquence ?
Une fois inscrit, Revenu Québec vous attribue une fréquence de déclaration selon le total annuel de vos ventes taxables (Revenu Québec, périodes de déclaration). Les balises publiées dans la publication Renseignements généraux sur la TVQ et la TPS/TVH (IN-203) : fréquence annuelle jusqu'à 1 500 000 $ de ventes taxables, trimestrielle de 1 500 000 $ à 6 000 000 $, mensuelle au-delà. Autant dire que l'immense majorité des salons de coiffure se retrouvent en déclaration annuelle, avec la possibilité de choisir plus fréquent si un remboursement est souvent attendu.
Les grandes lignes du calendrier : les déclarations mensuelles et trimestrielles se produisent au plus tard un mois après la fin de la période ; les annuelles, en général trois mois après la fin de l'exercice. Les déclarants annuels versent par ailleurs quatre acomptes provisionnels de TPS et de TVQ en cours d'année, et un particulier en affaires dont l'exercice se termine le 31 décembre a jusqu'au 15 juin pour produire, tout en payant le solde au plus tard le 30 avril. Votre comptable calera les bonnes dates sur votre exercice.
Suivre son chiffre d'affaires sans y penser
Le fil conducteur de ce guide, vous l'aurez remarqué : les taxes punissent surtout les salons qui découvrent leurs chiffres trop tard. Seuil de 30 000 $ franchi sans s'en apercevoir, inscription tardive payée à même la marge, grille de prix jamais ajustée. Le remède n'est pas un cartable de plus, c'est un salon dont l'activité se voit en temps réel.
C'est exactement ce qu'apporte la prise de rendez-vous en ligne, au-delà du confort des clientes : chaque rendez-vous est enregistré avec sa prestation et son prix, et votre volume d'activité mensuel n'est plus une surprise de fin d'année. ViteUneCoupe le fait gratuitement et sans commission : réservations illimitées, agenda, catalogue de prestations avec prix, fichier clients et horaires d'équipe sont inclus dans la version gratuite, sans carte de crédit. Soyons francs sur les limites : ViteUneCoupe n'est ni une caisse ni un logiciel comptable, il ne calcule pas la TPS ni la TVQ et n'émet pas vos reçus ; les rappels se font par courriel, pas par texto ; et l'abonnement Standard, à partir de 29 € HT par mois sans engagement, est facturé en euros depuis la France (parlez-en à votre comptable, comme pour tout fournisseur hors Québec). Pour voir venir le seuil de 30 000 $, en revanche, la version gratuite suffit amplement ; notre comparatif des logiciels de réservation pour salon de coiffure au Québec détaille les options d'ici.
Questions fréquentes
À partir de quel chiffre d'affaires un coiffeur doit-il facturer la TPS et la TVQ ?
Dès que le total de vos fournitures taxables dépasse 30 000 $ au cours d'un trimestre civil ou sur quatre trimestres civils consécutifs, vous cessez d'être un petit fournisseur et devez vous inscrire aux fichiers de la TPS et de la TVQ auprès de Revenu Québec. Prestations de coiffure, vente de produits et loyers de chaise comptent ensemble dans le calcul.
Quels sont les taux de TPS et de TVQ sur un service de coiffure ?
La TPS à 5 % et la TVQ à 9,975 %, toutes deux calculées sur le prix avant taxes, soit 14,975 % au total (taux en vigueur en octobre 2026). Les mêmes taux s'appliquent aux produits revendus au salon. Les prix affichés sur votre carte peuvent rester avant taxes, la loi québécoise permettant d'ajouter la TPS et la TVQ au moment du paiement.
Une coiffeuse qui loue une chaise doit-elle s'inscrire aux taxes ?
Elle exploite sa propre entreprise : elle doit s'inscrire quand ses propres revenus taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs ou dans un seul trimestre, peu importe le chiffre du salon. De son côté, un salon inscrit doit ajouter la TPS et la TVQ au loyer de chaise, et ce loyer compte dans le propre seuil du salon.
Les pourboires sont-ils taxables dans un salon de coiffure ?
Un pourboire laissé librement par la cliente n'est assujetti ni à la TPS ni à la TVQ. En revanche, des frais de service inscrits sur la facture, même suggérés, sont taxables selon Revenu Québec. Si vous envisagez d'ajouter des frais sur vos factures, faites valider le fonctionnement par votre comptable.
Que faire si mon salon a dépassé le seuil sans s'inscrire ?
Inscrivez-vous sans attendre : l'assujettissement court depuis le dépassement, et les taxes sont dues sur les ventes concernées même si vous ne les avez jamais facturées à vos clientes. Un comptable pourra reconstituer les montants, produire les déclarations en retard et limiter les dégâts. C'est la raison d'être du suivi mensuel du chiffre d'affaires.
Puis-je m'inscrire aux taxes même sous 30 000 $ ?
Oui, l'inscription volontaire est permise. Vous devrez alors percevoir la TPS et la TVQ sur vos ventes et rester inscrit au moins un an, mais vous récupérerez les taxes payées sur vos achats en CTI et RTI. C'est surtout intéressant l'année où vous équipez ou rénovez le salon ; pour un salon établi à clientèle privée, rester petit fournisseur est souvent plus avantageux.