Gestion du salon affichage obligatoire réglementation conformité

Affichage obligatoire en salon de coiffure : la check-list complète

Rédigé par Publié le 14 min de lecture
Illustration d'une gérante de salon de coiffure accrochant un cadre d'informations au mur près de la caisse, plusieurs affichettes déjà alignées à côté de la grille des tarifs

Entre la grille des prix, le panneau interdiction de fumer, les coordonnées du médiateur, le registre d'accessibilité et les affichages réservés aux salariés, difficile de savoir ce qu'un salon de coiffure doit réellement accrocher à ses murs. D'autant que le sujet attire les vendeurs de "kits d'affichage obligatoire" à 40 ou 80 €, qui ont tout intérêt à allonger la liste.

Cet article remet de l'ordre : la liste complète de ce qui est obligatoire côté clients, ce qui doit être tenu à disposition sans forcément être au mur, ce qui s'ajoute dès que vous employez des salariés, et ce qui n'est pas obligatoire du tout malgré ce qu'on lit partout. Chaque obligation est vérifiée sur une source officielle (Légifrance, service-public, CNIL, code du travail numérique), vérifications faites en octobre 2026. En fin d'article, une check-list à dérouler dans votre salon.

Les affichages côté clients, obligatoires dans tous les salons

Quatre obligations concernent tous les salons de coiffure, avec ou sans salariés.

Les prix : en vitrine et à la caisse

C'est l'affichage le plus contrôlé, et le seul qui dispose d'un texte propre à la coiffure : l'arrêté du 27 mars 1987 impose au moins 10 prix TTC lisibles depuis la rue (20 pour un salon mixte), le même tarif à l'intérieur au lieu de paiement, la carte complète des prestations à la caisse, plus la note détaillée dès 25 € et son affichette. Le prix annoncé sur votre page de réservation en ligne doit être exactement celui de la vitrine : l'obligation d'information sur les prix vaut pour tous les canaux, internet compris.

Le sujet mérite un article à lui seul, avec les textes, le cas des prix "à partir de" et les sanctions : tout est détaillé dans notre guide de l'affichage des prix en salon de coiffure.

L'interdiction de fumer et de vapoter

Un salon de coiffure est un lieu fermé accueillant du public : une signalisation apparente rappelant l'interdiction de fumer y est obligatoire, en vertu de l'article R3512-7 du code de la santé publique. Attention au modèle : il a été actualisé par un arrêté du 21 juillet 2025, avec un message de prévention et le numéro de Tabac info service. Si votre affichette date d'avant, remplacez-la.

Pour le vapotage, l'interdiction s'applique notamment aux lieux de travail fermés et couverts à usage collectif, et une signalisation apparente est exigée dans les bâtiments qui les abritent (article R3513-3 du code de la santé publique). Dès que votre salon emploie du personnel, affichez les deux interdictions, fumer et vapoter, souvent réunies sur un seul panneau.

Le médiateur de la consommation

Obligation méconnue et pourtant générale : tout professionnel qui vend à des consommateurs doit adhérer à un dispositif de médiation de la consommation et communiquer à ses clients les coordonnées du médiateur dont il relève (article L616-1 du code de la consommation). Les modalités sont précisées par l'article R616-1 : nom et coordonnées du médiateur, avec l'adresse de son site internet, de manière visible et lisible sur votre site, vos conditions générales, ou à défaut par tout moyen approprié, donc typiquement une affichette au comptoir pour un salon sans CGV.

Le point que beaucoup ratent : l'affichage ne suffit pas, il faut d'abord avoir réellement adhéré à un dispositif de médiation (adhésion payante auprès d'un médiateur référencé). Afficher le nom d'un médiateur auquel vous n'avez pas adhéré ne vous met pas en conformité.

Les moyens de paiement refusés ou conditionnés

Vous avez le droit de refuser les chèques, de refuser la carte bancaire ou d'imposer un montant minimum, à une condition : en informer la clientèle de façon apparente, par affichage à la caisse ou à l'entrée et dans vos conditions de vente. À défaut d'information, l'amende peut atteindre 3 000 € pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société. Les espèces, elles, ne se refusent pas (hors cas limités : billets abîmés, plus de 50 pièces, appoint impossible), sous peine de 150 € d'amende. Tout est détaillé dans la fiche officielle sur les moyens de paiement.

Autrement dit : si vous acceptez tout sans condition, aucun affichage n'est requis. C'est l'exception ou la restriction qui crée l'obligation d'afficher.

Ce qui doit être tenu à disposition, sans forcément être au mur

Trois obligations fonctionnent différemment : le document doit exister et être accessible, mais pas nécessairement affiché.

Le registre public d'accessibilité

Un salon de coiffure est un établissement recevant du public, en général de 5e catégorie. Depuis le 22 octobre 2017, tout ERP doit tenir un registre public d'accessibilité, consultable au point d'accueil principal de l'établissement (version papier ou numérique). Il rassemble des documents que vous avez normalement déjà : attestation d'accessibilité ou dérogation, prestations proposées, modalités de formation du personnel le cas échéant. Le dispositif et un guide pratique sont présentés sur le site officiel du secrétariat d'État chargé des personnes handicapées.

Le panneau caméras, si votre salon est équipé

Si vous avez installé des caméras, les clients et les salariés doivent en être informés par des panneaux visibles en permanence, comportant un pictogramme de caméra, la finalité du dispositif, la durée de conservation des images, le contact du responsable (ou du délégué à la protection des données), le rappel des droits des personnes et la possibilité de saisir la CNIL. Les caméras qui filment des zones ouvertes au public (entrée, bacs, caisse) nécessitent en plus une autorisation préfectorale, et une caméra ne peut jamais filmer un salarié en continu sur son poste. Les règles complètes sont sur la fiche de la CNIL consacrée aux caméras dans les commerces.

Pas de caméras ? Aucun panneau à prévoir, et surtout pas un panneau factice "site sous vidéosurveillance" : annoncer un dispositif qui n'existe pas n'a aucun intérêt et entretient la confusion.

L'information sur votre fichier clients

Votre fichier clients (noms, téléphones, historique de coloration) est un traitement de données personnelles : vos clients doivent savoir qui collecte leurs données, pourquoi, combien de temps elles sont conservées et comment exercer leurs droits. Cette information passe par votre formulaire de réservation en ligne, une mention sur la fiche client ou une affichette à l'accueil. Le mode d'emploi complet, registre des traitements compris, est dans notre guide du fichier clients du coiffeur et du RGPD.

Dès le premier salarié : les affichages côté employeur

Si vous employez du personnel, une deuxième série d'obligations s'ajoute, dans un espace accessible à l'équipe (vestiaire, salle de pause, labo). La référence est la fiche officielle sur les obligations d'affichage en entreprise, reprise par le code du travail numérique.

Ce qui doit être affiché

  • Les coordonnées de l'inspection du travail : nom de l'inspecteur compétent, adresse et téléphone.
  • Les coordonnées de la médecine du travail (service de prévention et de santé au travail dont dépend le salon) et des services de secours d'urgence.
  • Les horaires collectifs de travail : heures de début et de fin, et repos.
  • Les consignes de sécurité incendie, obligatoires notamment dans les locaux où sont manipulées des matières inflammables, ce qui peut concerner un salon (aérosols, solvants) : issues, conduite à tenir, responsables de l'évacuation.
  • L'avis sur le DUERP : le document unique d'évaluation des risques professionnels, obligatoire dès le premier salarié, n'est pas affiché lui-même, mais un avis doit indiquer où et comment le consulter. Pour l'établir, la fiche officielle du DUERP donne le cadre, et notre article sur l'hygiène en salon de coiffure détaille les risques propres au métier (produits chimiques, allergies, gestes répétitifs).
  • L'interdiction de fumer et de vapoter, déjà vue plus haut, qui vaut aussi côté salariés.

Ce qui peut être communiqué "par tout moyen"

Depuis 2016, une partie des anciens affichages peut être remplacée par une information par tout moyen donnant aux salariés une garantie équivalente : un classeur remis à l'embauche, un dossier partagé, un email. Il faut pouvoir prouver que l'information a été donnée. Sont concernés :

  • l'intitulé de la convention collective applicable (la convention nationale de la coiffure pour un salon) et ses modalités de consultation ;
  • les textes sur l'égalité de rémunération entre femmes et hommes (articles L3221-1 à L3221-7 du code du travail) ;
  • les textes sur le harcèlement moral et sexuel (articles 222-33 et 222-33-2 du code pénal) et sur les discriminations (articles 225-1 à 225-4 du code pénal), avec le numéro dédié ;
  • les jours et heures de repos hebdomadaire quand le repos n'est pas donné le dimanche ;
  • l'ordre des départs en congés, communiqué à chaque salarié au moins un mois avant son départ.

En pratique, beaucoup de salons gardent le réflexe du panneau unique en salle de pause : c'est toujours conforme, et personne ne peut contester que l'information était accessible.

La check-list complète du salon de coiffure

Affichage ou document Concerne L'essentiel Source
Prix : 10 ou 20 prix TTC en vitrine, tarif et carte complète à l'intérieur Tous les salons Lisible depuis la rue, forfaits détaillés Arrêté du 27 mars 1987
Affichette sur la note (obligatoire dès 25 €) Tous les salons Au lieu de paiement Arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983
Interdiction de fumer, modèle en vigueur Tous les salons Modèle actualisé en 2025 Art. R3512-7 code de la santé publique
Interdiction de vapoter Salons employant du personnel Signalisation apparente Art. R3513-3 code de la santé publique
Coordonnées du médiateur de la consommation Tous les salons Adhésion préalable obligatoire Art. L616-1 et R616-1 code de la consommation
Refus ou conditions sur chèque et carte bancaire Salons qui restreignent un moyen de paiement Affichage à la caisse et dans les conditions de vente Fiche F22929, entreprendre.service-public
Registre public d'accessibilité Tous les salons (ERP) À disposition au point d'accueil Décret n° 2017-431 du 28 mars 2017
Panneau d'information caméras Salons équipés de vidéosurveillance Pictogramme, finalité, durée, contact, droits CNIL, caméras dans les commerces
Information sur le fichier clients (RGPD) Tous les salons avec fichier clients À la collecte : formulaire, fiche, affichette RGPD, art. 13
Inspection du travail, médecine du travail, secours Salons avec salariés Affichage Code du travail (fiche officielle)
Horaires collectifs de travail Salons avec salariés Affichage Code du travail (fiche officielle)
Consignes incendie Selon les locaux (matières inflammables) Affichage Art. R4227-37 et suivants code du travail
Avis d'accès au DUERP Salons avec salariés Affichage de l'avis, document consultable Code du travail (fiche officielle)
Convention collective de la coiffure, égalité, harcèlement, discriminations, congés Salons avec salariés Par tout moyen prouvable Code du travail (fiche officielle)

Bonne nouvelle au passage : tout ce qui précède s'imprime gratuitement depuis les sources officielles. Aucun texte n'impose d'acheter un panneau homologué.

Les pièges classiques

Le kit payant "obligatoire". Des sites vendent des affiches "conformes 2026" en laissant entendre que leur achat est requis. Faux : seule l'information compte, pas le support. Une feuille imprimée au bon format fait l'affaire, à condition de reprendre les mentions exigées (le modèle fumeur de 2025, par exemple).

Les horaires d'ouverture. Contrairement à une idée très répandue sur les sites commerciaux, aucun texte général n'impose à un salon de coiffure d'afficher ses horaires d'ouverture. C'est évidemment une bonne pratique, et vos horaires doivent surtout être cohérents partout : vitrine, fiche Google, page de réservation. Un client qui réserve en ligne un créneau que le salon n'ouvre pas, c'est un conflit assuré.

Le panneau caméra incomplet. Le pictogramme seul ne suffit plus : sans finalité, durée de conservation et contact, le panneau n'est pas conforme aux exigences rappelées par la CNIL.

Le médiateur affiché sans adhésion. L'affichette est la partie visible ; l'obligation de fond est l'adhésion à un dispositif de médiation référencé. Les deux vont ensemble.

La grille de prix à jour en vitrine mais pas en ligne. L'écart entre le prix affiché et le prix encaissé est la source de litige numéro un, et le plus souvent un simple oubli de synchronisation. Centralisez votre grille sur un seul support numérique de référence.

L'affiche agressive au mauvais endroit. Tout n'a pas vocation à être placardé en vitrine : les affichages salariés vont en salle de pause, le registre d'accessibilité reste à l'accueil, et vos règles maison méritent un cadre discret. Le support compte autant que le texte.

Et les affichages utiles mais facultatifs ?

Au-delà des obligations, deux affichages volontaires rapportent plus qu'ils ne coûtent. Votre politique d'annulation d'abord : un petit cadre au comptoir et une mention sur votre page de réservation changent réellement le comportement des clients, on détaille la méthode et trois modèles dans notre guide de la politique d'annulation en salon de coiffure. Avec ViteUneCoupe, elle s'affiche directement sur votre page de réservation, là où le client s'engage. Votre affichage SACEM ensuite, si vous diffusez de la musique : ce n'est pas un panneau obligatoire, mais la diffusion elle-même suppose une autorisation, et le sujet a ses propres règles, expliquées dans notre article sur la musique en salon de coiffure.

Dernier conseil de méthode : faites le tour du salon une fois par an, la check-list ci-dessus à la main, en commençant depuis le trottoir comme le ferait un agent de contrôle. Une heure suffit, et vous repartez tranquille pour l'année.

Questions fréquentes

Quels affichages sont obligatoires dans tous les salons de coiffure ?

Quatre obligations valent pour tous les salons : l'affichage des prix (vitrine, intérieur, carte complète, affichette sur la note), la signalisation de l'interdiction de fumer au modèle en vigueur, la communication des coordonnées du médiateur de la consommation, et le registre public d'accessibilité tenu à disposition à l'accueil. S'y ajoutent le panneau caméras si le salon est équipé, l'information sur les moyens de paiement refusés le cas échéant, et les affichages employeur dès le premier salarié.

Faut-il acheter un kit d'affichage obligatoire pour son salon ?

Non. Aucun texte n'impose un support payant ou homologué : seule l'information compte. Tous les modèles et mentions obligatoires se trouvent gratuitement sur les sites officiels (Légifrance, service-public, CNIL) et s'impriment au salon. Les kits vendus en ligne sont une commodité, jamais une obligation.

Un salon de coiffure doit-il afficher ses horaires d'ouverture ?

Aucun texte général n'impose à un salon de coiffure d'afficher ses horaires d'ouverture. C'est en revanche une évidence commerciale, et le vrai enjeu est la cohérence : les horaires de la vitrine, de la fiche Google et de la page de réservation en ligne doivent être identiques et mis à jour en même temps.

Que doit afficher un salon de coiffure qui emploie des salariés ?

Doivent être affichés : les coordonnées de l'inspection du travail, de la médecine du travail et des secours, les horaires collectifs de travail, les consignes incendie selon les locaux, l'avis indiquant où consulter le DUERP et l'interdiction de fumer et de vapoter. D'autres informations (convention collective de la coiffure, textes sur l'égalité de rémunération, le harcèlement et les discriminations, ordre des départs en congés) peuvent être communiquées par tout moyen prouvable, par exemple un classeur remis à l'embauche.

Quelle sanction en cas d'affichage manquant ?

Cela dépend de l'obligation : jusqu'à 3 000 € pour un entrepreneur individuel et 15 000 € pour une société pour un défaut d'information sur les prix ou sur un moyen de paiement refusé, une amende de 150 € pour un refus d'espèces, des contraventions pour l'absence de signalisation fumeur ou vapotage, et des sanctions propres au droit du travail côté salariés. Dans les faits, un contrôle commence souvent par une demande de mise en conformité, mais rien ne la garantit.

Le panneau "souriez vous êtes filmé" suffit-il pour la vidéosurveillance ?

Non. La CNIL exige un panneau visible en permanence comportant un pictogramme de caméra, la finalité du dispositif, la durée de conservation des images, le contact du responsable ou du délégué à la protection des données, le rappel des droits des personnes et la possibilité de saisir la CNIL. Et si les caméras filment des zones ouvertes au public, une autorisation préfectorale est nécessaire en plus.

↑ Retour au sommaire