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Carte-cadeau en salon de coiffure au Québec : les règles et la méthode pour bien la vendre

Rédigé par Publié le 10 min de lecture
Illustration d'une cliente qui offre une carte-cadeau ornée d'un ruban doré à la coiffeuse au comptoir d'un salon lumineux décoré pour les fêtes

La carte-cadeau est probablement le produit le plus rentable que votre salon de coiffure puisse vendre : de l'argent encaissé aujourd'hui pour une prestation qui remplira un creux de janvier, et souvent une nouvelle cliente qui ne serait jamais entrée autrement. Mais au Québec, la carte-cadeau est une « carte prépayée » au sens de la Loi sur la protection du consommateur, avec des règles précises : pas de date d'expiration, pas de frais, remboursement du petit solde. Ce guide passe en revue ce que la loi impose, comment traiter la TPS et la TVQ, puis comment lancer et vendre vos cartes sans vous compliquer la vie.

Un détail d'intendance avant de commencer : une carte-cadeau ne vaut que si la bénéficiaire prend rendez-vous. Une page de réservation en ligne gratuite pour votre salon de coiffure lui permet de choisir son créneau le soir même où elle reçoit sa carte, au lieu de la laisser traîner dans un tiroir.

Ce que la loi québécoise impose pour vos cartes-cadeaux

Depuis le 30 juin 2010, la Loi sur la protection du consommateur (LPC) encadre la vente de cartes prépayées, et la carte-cadeau d'un salon de coiffure en est l'exemple type : un montant payé d'avance, échangeable contre vos services. Les règles qui suivent sont résumées par l'Office de la protection du consommateur à l'intention des commerçants.

Pas de date d'expiration sur une carte en montant

Vous n'avez pas le droit d'inscrire une date d'expiration sur une carte-cadeau utilisable comme de l'argent, ni de la rendre inutilisable après un certain délai (article 187.3 de la LPC). Une carte de 75 $ vendue il y a quatre ans vaut toujours 75 $. La seule exception générale vise les cartes donnant droit à l'utilisation illimitée d'un service pendant une période donnée, comme une passe de transport : rien à voir avec un salon de coiffure.

Concrètement : retirez toute mention « valide 12 mois » de vos cartes, de vos bons imprimés et de votre site. Une date d'expiration inscrite sur une carte est réputée sans effet, et elle vous expose à une plainte pour rien.

Des frais interdits, à deux exceptions près

Vous ne pouvez réclamer aucuns frais pour la délivrance ou l'utilisation de la carte : pas de « frais d'activation », pas de « frais d'inutilisation » après un an. L'OPC reconnaît deux exceptions : des frais pour remplacer une carte perdue ou volée, et des frais de personnalisation si la cliente demande une carte sur mesure.

Le remboursement du solde de 5 $ ou moins

Quand il reste 5 $ ou moins sur une carte, vous devez rembourser ce solde en argent à la cliente qui le demande. Après un balayage à 68 $ payé avec une carte de 70 $, la cliente peut repartir avec son 2 $ : prévoyez-le dans votre caisse et dites-le à votre équipe, c'est une demande parfaitement légitime.

Les informations à remettre à l'achat

Avant de vendre la carte, vous devez informer l'acheteuse des conditions d'utilisation et de la façon de vérifier le solde. Si ces informations ne tiennent pas sur la carte, remettez-les par écrit. Pour un salon, une ligne au verso suffit généralement : « Échangeable contre les services du salon X, solde vérifiable en salon ou par téléphone ».

La carte « pour un service précis » : la nuance à connaître

Il existe deux façons de vendre une carte-cadeau, et elles n'obéissent pas exactement aux mêmes règles.

La carte en montant (« 100 $ chez Salon X ») suit les règles ci-dessus : aucune date, aucun frais, le montant reste le montant.

La carte pour un service précis (« une coupe et un brushing chez Salon X ») est traitée différemment. La règle de l'OPC pour les cartes liées à un service précis ne permet toujours pas de date d'expiration, mais elle vous permet d'inscrire une date au-delà de laquelle vous pourrez exiger la différence entre le prix du service au moment de la vente et son prix au moment de la visite. Deux conditions : la valeur du service au moment de la vente et cette date doivent figurer sur la carte. Et si le service n'existe plus au catalogue, vous devez offrir une contrepartie équivalente (remboursement ou autre prestation payée avec la carte).

Notre conseil honnête : vendez vos cartes en montant. C'est plus simple à gérer, plus souple pour la bénéficiaire, et vous ajustez vos prix de prestations sans gymnastique. Réservez la carte « service précis » aux forfaits signatures que vous voulez mettre en vitrine.

TPS et TVQ : rien à la vente, tout au rachat

Bonne nouvelle côté paperasse : la vente d'une carte-cadeau n'est pas taxable. Selon Revenu Québec, la TPS et la TVQ se calculent au moment où la carte est utilisée, sur le prix de la prestation, comme si la cliente payait comptant.

Exemple purement hypothétique : une coloration à 120 $ donne 6 $ de TPS et 11,97 $ de TVQ, soit 137,97 $. La cliente présente une carte-cadeau de 100 $ : elle paie la différence de 37,97 $, et vous déclarez les taxes de cette visite dans votre période habituelle. À la vente de la carte, en décembre, vous n'aviez rien déclaré du tout. Notre guide de la TPS et la TVQ pour un salon de coiffure couvre le reste de la mécanique.

Côté comptabilité, une carte vendue n'est pas encore un revenu gagné : c'est une somme que vous devez encore livrer en services. Tenez un registre simple (numéro de carte, date de vente, montant, date d'utilisation, solde) et vous saurez toujours ce qui « dort » dans la nature. Ce registre est aussi votre meilleure défense en cas de désaccord sur un solde.

Pourquoi la carte-cadeau est payante pour un salon de coiffure

Trois effets concrets, sans chiffres magiques :

  • De la trésorerie au bon moment. L'argent entre en décembre, à la Saint-Valentin ou à la fête des Mères, et la prestation se donne plus tard, souvent pendant les semaines molles. C'est exactement l'inverse du rythme naturel d'un salon, et ça aide à remplir les heures creuses de janvier et février.
  • Des nouvelles clientes déjà payées. Une carte offerte amène au fauteuil une personne qui n'avait peut-être jamais entendu parler de vous, avec sa première visite réglée d'avance. Si l'expérience est bonne, vous venez de gagner une cliente régulière : tout l'enjeu de la fidélisation commence là.
  • Un panier souvent plus élevé. Une bénéficiaire qui arrive avec 100 $ en poche se laisse plus facilement tenter par un soin ou un produit que si elle payait de sa poche. Aucun miracle garanti, mais l'occasion de proposer est idéale.

Lancer et vendre vos cartes-cadeaux : la méthode simple

Pas besoin d'un système sophistiqué pour commencer.

  1. Choisissez le support. Une belle carte imprimée avec une enveloppe fait parfaitement le travail, et c'est ce que les gens veulent offrir. Prévoyez des montants libres plutôt que des paliers imposés : la loi ne vous oblige à rien, et « mets-moi 80 $ » est une phrase qu'on entend souvent en décembre.
  2. Rendez-les visibles. Un petit présentoir à la caisse, une affichette dans le miroir, une mention sur votre fiche Google et vos réseaux. La carte-cadeau s'achète par impulsion : si on ne la voit pas, on n'y pense pas.
  3. Travaillez trois saisons. Les fêtes d'abord (de loin le sommet), la Saint-Valentin, la fête des Mères en mai. Deux semaines avant chaque date, une publication et un mot en caisse suffisent à relancer la machine.
  4. Tenez le registre. Numéro, montant, date, solde. Un cahier ou un tableur suffit au début. Inscrivez l'utilisation dans le dossier de la cliente : vous saurez qu'elle est venue grâce à une carte, une information précieuse pour la suite.
  5. Facilitez la prise de rendez-vous de la bénéficiaire. Glissez l'adresse de votre page de réservation sur la carte ou dans l'enveloppe. Soyons transparents : ViteUneCoupe ne gère pas la vente de cartes-cadeaux en ligne ; ce que l'outil vous donne gratuitement, c'est la réservation en ligne illimitée sans commission et le dossier client où consigner la carte et la nouvelle venue.

Un modèle de conditions conforme

À adapter, puis à faire relire si votre situation sort de l'ordinaire :

Cette carte est échangeable contre les services offerts par Salon X, au [adresse]. Elle n'a pas de date d'expiration et aucuns frais ne s'appliquent à son utilisation. Le solde peut être vérifié en salon ou par téléphone au [numéro]. Tout solde de 5 $ ou moins est remboursé sur demande. La carte n'est pas échangeable contre de l'argent comptant au-delà de ce montant et n'est pas remplacée en cas de perte ou de vol, sauf sur présentation du numéro de carte.

Dernier point de cohérence : votre carte-cadeau est encadrée par la LPC, exactement comme vos acomptes et vos pénalités d'annulation. Si vous révisez vos conditions, profitez-en pour relire ce que la loi québécoise permet en matière de dépôt et de rendez-vous manqué.

Questions fréquentes

Une carte-cadeau de salon de coiffure peut-elle expirer au Québec ?

Non. La Loi sur la protection du consommateur interdit d'inscrire une date d'expiration sur une carte prépayée utilisable comme de l'argent, et une date inscrite malgré tout est sans effet. Seule nuance : une carte vendue pour un service précis peut indiquer une date au-delà de laquelle le salon peut exiger la différence si le prix du service a augmenté, à condition que le prix d'origine et cette date figurent sur la carte.

Puis-je facturer des frais d'activation ou d'inutilisation sur mes cartes-cadeaux ?

Non. Les frais pour la délivrance ou l'utilisation d'une carte prépayée sont interdits. Les deux seules exceptions reconnues : des frais pour remplacer une carte perdue ou volée, et des frais de personnalisation demandée par la cliente.

Dois-je percevoir la TPS et la TVQ quand je vends une carte-cadeau ?

Non. La vente de la carte n'est pas taxable. Les taxes se calculent au moment où la carte est utilisée, sur le prix de la prestation, comme pour un paiement comptant. D'ici là, comptablement, le montant vendu reste une somme due en services.

Que faire s'il reste 3 $ sur la carte d'une cliente ?

Lui rembourser en argent si elle le demande : la loi oblige le commerçant à rembourser tout solde de 5 $ ou moins. Pour un montant supérieur, le solde reste simplement utilisable lors d'une prochaine visite.

Les bons imprimés « maison » suivent-ils les mêmes règles que les cartes en plastique ?

Oui. La loi parle d'un certificat, d'une carte ou de tout autre instrument d'échange payé d'avance : un bon papier calligraphié suit les mêmes règles qu'une carte magnétique. En revanche, un bon offert gratuitement par le salon (concours, geste commercial) n'est pas une carte prépayée au sens de la loi, puisque personne ne l'a payé.

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