Musique dans un salon de coiffure en Belgique : licence Unisono, tarifs et démarches
Un salon de coiffure sans musique, c'est un salon où l'on entend surtout le sèche-cheveux. La bonne playlist détend vos clientes, donne une identité à votre salon et rend l'attente plus agréable. Mais en Belgique, diffuser de la musique dans un lieu accessible au public n'est pas gratuit : il vous faut une licence Unisono, et beaucoup de coiffeurs découvrent cette obligation au moment où le courrier arrive.
Cet article est publié sur le blog de ViteUneCoupe, un logiciel de réservation en ligne gratuit et sans commission pour les salons de coiffure. La musique ne fait pas partie de notre logiciel, mais la gestion sereine d'un salon, oui : voici donc ce que dit réellement le système belge, avec les montants 2026 vérifiés sur les documents officiels, pour que vous sachiez exactement ce que vous payez et pourquoi.
Pourquoi une licence est obligatoire dès que votre salon diffuse de la musique
Écouter de la musique chez soi, en privé, ne demande aucune autorisation. Mais dès qu'elle est diffusée dans un lieu public, et votre salon en est un, puisque vos clientes, votre équipe et les visiteurs l'entendent, la loi belge considère qu'il s'agit d'une exécution publique. Deux types de droits doivent alors être payés :
- les droits d'auteur, qui rémunèrent les auteurs, compositeurs et éditeurs des morceaux ;
- la rémunération équitable (aussi appelée droits voisins), qui rémunère les artistes-interprètes et les producteurs, en vertu de l'arrêté royal du 17 décembre 2017.
La source n'a aucune importance : radio, CD, playlist, service de streaming ou télévision, c'est la diffusion dans votre salon qui déclenche l'obligation, pas le support.
Unisono : une seule licence pour deux droits différents
Avant 2020, il fallait payer la Sabam d'un côté et la rémunération équitable de l'autre. Depuis, la plateforme Unisono, créée par la Sabam, PlayRight et la SIMIM, regroupe les deux sur une seule déclaration et une seule facture. Pour un salon de coiffure, la licence annuelle se compose donc de deux lignes :
- les droits d'auteur, calculés selon la superficie sonorisée de votre salon (le tarif « établissements commerciaux ») ;
- la rémunération équitable, avec un tarif spécifique aux salons de coiffure et instituts de beauté, forfaitaire.
Selon Unisono, 85 % de chaque euro collecté revient aux créateurs et artistes ; les 15 % restants couvrent le fonctionnement de la plateforme (chiffre affiché dans la brochure tarifaire Bien-être et beauté 2026, constaté en octobre 2026).
Combien coûte la musique dans un salon de coiffure en 2026 ?
Tous les montants ci-dessous proviennent de la brochure tarifaire Bien-être et beauté 2026 d'Unisono (constatés en octobre 2026). Ils s'entendent hors TVA de 6 %, par an, et sont indexés chaque année.
Les droits d'auteur : selon la superficie sonorisée
La superficie sonorisée, c'est la somme de tous les espaces où la musique s'entend : l'espace coiffage, l'accueil, le coin bac, et le cas échéant la vitrine ou la terrasse sonorisées. Pour une diffusion audio (radio, playlist, streaming), le tarif annuel 2026 est le suivant :
| Superficie sonorisée | Paiement annuel (HTVA) |
|---|---|
| 0 à 10 m² | 101,35 € |
| 11 à 100 m² | 202,69 € |
| 101 à 200 m² | 316,20 € |
| 201 à 300 m² | 397,28 € |
La plupart des salons de coiffure tombent dans la tranche 11 à 100 m². À noter : payer par trimestre ou par semestre coûte plus cher sur l'année que le paiement annuel unique (par exemple 4 × 57,77 € = 231,08 € au lieu de 202,69 € pour la tranche 11 à 100 m²).
La rémunération équitable : salon artisanal ou salon professionnel
Le tarif de la rémunération équitable pour les salons de coiffure est forfaitaire et dépend du type de salon, deux notions définies par l'arrêté royal du 17 décembre 2017 :
- Salon artisanal : exploité par un seul coiffeur, éventuellement assisté d'un seul parent en ligne directe ou d'un seul apprenti. Tarif 2026 : 100,44 € HTVA par an.
- Salon professionnel : toute autre configuration, donc dès que vous travaillez avec un ou plusieurs collaborateurs. Tarif 2026 : 139,49 € HTVA par an.
Ces montants partent d'une base fixée dans l'arrêté royal (77,46 € et 107,58 € en 2017) et sont indexés chaque 1er janvier sur l'indice santé.
Exemple chiffré pour un salon type
Prenons un exemple hypothétique : un salon de 45 m² à Namur, avec une gérante et deux collaboratrices, qui diffuse une playlist toute la journée, sans télévision.
- Droits d'auteur, tranche 11 à 100 m² : 202,69 € HTVA/an
- Rémunération équitable, salon professionnel : 139,49 € HTVA/an
- Total : 342,18 € HTVA par an, soit environ 362,71 € TVAC (TVA 6 %)
Ramené au mois, la musique coûte donc à ce salon environ 30 € TVAC. Une coiffeuse seule dans un petit salon artisanal de la même superficie paierait 303,13 € HTVA par an.
La télévision coûte un supplément
Si votre salon diffuse aussi des images (télévision à l'accueil, clips musicaux sur un écran), un supplément audiovisuel s'ajoute aux droits d'auteur : 50,68 € par an pour 0 à 10 m², 101,35 € pour 11 à 100 m², 158,11 € pour 101 à 200 m² (montants 2026, HTVA). Un écran qui ne sert qu'à afficher vos tarifs ou votre planning ne diffuse pas d'œuvres et n'est pas concerné.
Comment déclarer votre salon à Unisono
La déclaration se fait en ligne sur MyUnisono, le portail de la plateforme. Trois points à connaître :
- Déclarez au moins 5 jours avant de commencer à diffuser de la musique : c'est la condition affichée par Unisono pour être en règle et bénéficier du meilleur prix.
- Réduction nouveau client : une réduction unique de 10 % sur le montant annuel des droits d'auteur est accordée la première année, pour une première licence contractuelle.
- Simulez avant de signer : MyUnisono propose une simulation gratuite et sans engagement, utile pour vérifier votre tranche de superficie et votre catégorie de salon.
Si vous ouvrez un salon de coiffure en Belgique, ajoutez la licence Unisono à votre checklist de lancement, au même titre que votre inscription à la BCE : la demander avant l'ouverture vous évite une régularisation plus tard. En cas de contrôle, un salon qui diffuse sans licence devra régulariser sa situation, et le tarif préférentiel lié à la déclaration anticipée sera perdu.
Radio, streaming, playlists : qu'est-ce qui est couvert ?
La licence Unisono couvre les droits d'auteur et les droits voisins pour la diffusion dans votre salon, quelle que soit la source. Elle ne remplace en revanche pas les conditions d'utilisation de votre service de musique : la plupart des abonnements de streaming grand public sont réservés, selon leurs propres conditions, à un usage personnel et privé. Vérifiez les conditions de votre service ou tournez-vous vers une offre de musique professionnelle pour entreprises si vous voulez être totalement en règle des deux côtés.
Bon à savoir également : la musique diffusée uniquement dans des espaces réservés au personnel (salle de pause sans clientèle) relève d'autres dispositions que le tarif coiffure, et la musique d'attente téléphonique fait l'objet d'une licence distincte. Si votre répondeur diffuse un morceau pendant que vos clientes patientent, mentionnez-le dans votre déclaration. Et si une partie de ces appels concerne des prises de rendez-vous, un agenda en ligne réduit le problème à la source : vos clientes réservent elles-mêmes, votre téléphone sonne moins.
La musique participe à l'expérience que vos clientes retiennent de votre salon, au même titre que l'accueil ou la ponctualité : nous avons détaillé ces leviers dans notre article sur la fidélisation de la clientèle en salon de coiffure. Et si vous comparez les outils de gestion pour accompagner tout cela, notre guide des logiciels de réservation pour salon de coiffure en Belgique passe en revue les solutions disponibles sur le marché belge. Enfin, si vous exploitez un salon en France, le système est différent : c'est la SACEM et la SPRÉ qui s'appliquent, comme expliqué dans notre article sur la musique au salon de coiffure en France.
Questions fréquentes
La licence Unisono est-elle obligatoire si je ne diffuse que la radio ?
Oui. La radio dans un lieu accessible à la clientèle est une exécution publique : elle déclenche les droits d'auteur et la rémunération équitable, exactement comme une playlist ou un CD. Le fait que la station de radio paie déjà ses propres droits ne couvre pas la diffusion dans votre salon.
Combien coûte la musique pour un salon de coiffure belge classique ?
Pour un salon de 11 à 100 m² avec des collaborateurs, comptez 342,18 € HTVA par an en 2026 (droits d'auteur 202,69 € + rémunération équitable salon professionnel 139,49 €), hors télévision. Un salon artisanal exploité par un seul coiffeur paie 303,13 € HTVA par an. Montants constatés en octobre 2026 dans la brochure tarifaire d'Unisono, indexés chaque année.
Quelle est la différence entre salon artisanal et salon professionnel ?
La distinction vient de l'arrêté royal du 17 décembre 2017 sur la rémunération équitable. Un salon artisanal est exploité par un seul coiffeur, éventuellement aidé d'un seul parent en ligne directe ou d'un seul apprenti. Dès que la configuration dépasse ce cadre, par exemple avec un collaborateur salarié, le salon est considéré comme professionnel et paie le tarif supérieur.
Puis-je utiliser mon abonnement Spotify ou Deezer personnel au salon ?
La licence Unisono règle les droits de diffusion, mais les conditions d'utilisation de la plupart des services de streaming grand public réservent l'abonnement personnel à un usage privé. Pour être totalement en règle, vérifiez les conditions de votre service ou optez pour une offre professionnelle destinée aux commerces.
Que se passe-t-il si je n'ai jamais déclaré mon salon ?
Régularisez spontanément via MyUnisono plutôt que d'attendre un contrôle : la déclaration introduite au moins 5 jours avant le début de la diffusion donne droit au meilleur tarif, et une première licence contractuelle bénéficie d'une réduction de 10 % sur les droits d'auteur la première année. En cas de contrôle, vous devrez de toute façon payer la licence, sans ces avantages.