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Location-gérance d'un salon de coiffure : le guide du propriétaire et du gérant

Rédigé par Publié le 17 min de lecture
Un propriétaire de salon de coiffure d'âge mûr remet un trousseau de clés et un contrat à une jeune gérante motivée devant le comptoir du salon

Vous approchez de la retraite mais vous n'êtes pas prêt à vendre. Ou vous êtes malade et le salon ne peut pas rester fermé. Ou, de l'autre côté du comptoir, vous rêvez de diriger votre propre salon de coiffure sans avoir les 80 000 ou 120 000 € qu'un rachat exigerait. Pour toutes ces situations, le droit français prévoit un outil précis, ancien et étonnamment méconnu dans la coiffure : la location-gérance, aussi appelée gérance libre.

Le principe : le propriétaire d'un fonds de commerce en confie l'exploitation à un gérant, qui dirige le salon en son propre nom, à ses risques et périls, et verse en échange une redevance. Le propriétaire reste propriétaire de tout, clientèle comprise ; le gérant encaisse le chiffre d'affaires et garde ce qui reste après les charges et la redevance. Ce guide détaille les deux points de vue : celui du propriétaire qui met son salon en gérance, et celui du candidat gérant. Les règles citées ont été vérifiées en octobre 2026 sur Légifrance, Bpifrance Création et les sites officiels ; comme toujours, faites relire votre contrat par un avocat avant de signer.

Un conseil transversal avant d'entrer dans le détail : quelle que soit l'issue (reprise, vente, retour du propriétaire), la valeur du salon se joue dans la continuité de la clientèle. Un salon dont les rendez-vous passent par une page de réservation en ligne gratuite et sans commission garde son historique de réservations et son fichier clients intacts pendant toute la gérance, ce qui simplifie énormément la passation, dans un sens comme dans l'autre.

La location-gérance, c'est quoi exactement ?

Contrairement à la location de fauteuil, la location-gérance a un vrai cadre légal : les articles L144-1 et suivants du Code de commerce. L'article L144-1 la définit comme le contrat par lequel le propriétaire d'un fonds de commerce ou artisanal en concède totalement ou partiellement la location à un gérant qui l'exploite à ses risques et périls.

Trois conséquences concrètes pour un salon de coiffure :

  • Le propriétaire ne vend rien. Le fonds (la clientèle, l'enseigne, le droit au bail, le matériel) reste sa propriété. Il perçoit une redevance, mais il ne gère plus rien au quotidien.
  • Le gérant exploite tout le salon, en son nom. Il devient chef d'entreprise : il encaisse les clientes, embauche ou reprend l'équipe, paie les fournisseurs, le loyer du contrat de gérance et ses propres cotisations. Les bénéfices sont à lui, les pertes aussi.
  • À la fin du contrat, tout revient au propriétaire, y compris la clientèle que le gérant a développée. C'est le point le plus important à comprendre avant de s'engager, on y revient plus bas.

Dans la coiffure, le montage sert typiquement trois situations : le propriétaire proche de la retraite qui veut lever le pied sans brader, le propriétaire empêché (maladie, autre projet) qui veut garder le salon vivant, et le duo propriétaire-repreneur qui utilise la gérance comme période d'essai avant une vente.

Location-gérance, location de fauteuil, salariat ou rachat : ne confondez pas

C'est la confusion la plus fréquente du secteur : "je loue mon salon à une coiffeuse" peut désigner deux montages qui n'ont juridiquement rien à voir. Dans la location de fauteuil, le salon continue d'être exploité par son propriétaire, qui met un simple poste de travail à la disposition d'un coiffeur indépendant : deux entreprises cohabitent, chacune avec sa clientèle. Dans la location-gérance, le propriétaire se retire et le gérant exploite le fonds entier, clientèle du salon comprise, sous l'enseigne existante.

Critère Location-gérance Location de fauteuil Salariat (manager) Rachat du fonds
Qui exploite le salon ? Le gérant, seul, à ses risques Le propriétaire, plus un indépendant à côté Le propriétaire, via son salarié L'acheteur, définitivement
La clientèle du salon Reste au propriétaire, servie par le gérant Reste au propriétaire ; l'indépendant a la sienne Reste au propriétaire Vendue avec le fonds
Cadre légal Articles L144-1 et suivants du Code de commerce Aucun cadre spécifique, contrat libre Code du travail, convention collective coiffure Cession de fonds de commerce
Ce que paie l'exploitant Une redevance au propriétaire Un loyer de poste de travail Rien, il perçoit un salaire Le prix du fonds, souvent à crédit
Qui garde les bénéfices ? Le gérant Chacun les siens Le propriétaire L'acheteur
À la fin Le fonds revient au propriétaire, sans indemnité Chacun repart avec sa clientèle Préavis, solde de tout compte Il n'y a pas de fin

Le salariat reste la bonne réponse quand le propriétaire veut garder la main sur le salon ; la gérance suppose au contraire qu'il accepte de ne plus rien décider au quotidien. Et pour qui hésite entre gérance et achat, la suite de ce guide montre pourquoi les deux se combinent souvent dans le temps.

Mettre son salon en location-gérance : les conditions côté propriétaire

La condition des deux ans d'exploitation a été supprimée

Longtemps, la loi exigeait que le propriétaire ait exploité son fonds pendant au moins deux ans avant de pouvoir le mettre en gérance. Cette condition n'existe plus : les articles L144-3 à L144-5 du Code de commerce, qui la portaient, ont été abrogés par la loi n° 2019-744 du 19 juillet 2019, comme le montre la version en vigueur du chapitre sur la location-gérance. Vous pouvez donc mettre en gérance un salon récemment repris ou récemment ouvert. Méfiez-vous des pages web qui citent encore la règle des deux ans : elles n'ont pas été mises à jour.

Vérifiez votre bail commercial avant tout

Le propriétaire du fonds n'est pas forcément propriétaire des murs. Si votre bail commercial contient une clause d'exploitation personnelle, la mise en gérance suppose l'accord du bailleur, rappelle la fiche Bpifrance Création sur la location-gérance. Un contrat de gérance signé en violation du bail peut coûter le bail lui-même, donc l'essentiel de la valeur du fonds : faites lire votre bail par un professionnel avant de chercher un gérant.

La publication, une formalité qui vous protège

Le contrat de location-gérance doit être publié dans un support d'annonces légales dans les 15 jours suivant sa signature, et une nouvelle annonce est requise à la fin du contrat, selon la même fiche Bpifrance Création. Ce n'est pas une paperasse de plus : cette publication est précisément ce qui met fin à vos solidarités de propriétaire (section dédiée plus bas). Ne la différez jamais.

Vos salariés passent chez le gérant

Si le salon emploie des coiffeurs, leurs contrats de travail se transfèrent automatiquement au locataire-gérant, qui devient leur employeur pendant toute la gérance, en application de l'article L1224-1 du Code du travail : la mise en location-gérance est une modification dans la situation juridique de l'employeur. Ancienneté, salaires et clauses sont conservés, et le mouvement se fait en sens inverse à la fin du contrat si vous reprenez l'exploitation. Prévenez votre équipe vous-même, avant qu'elle ne l'apprenne par l'annonce légale.

Devenir locataire-gérant : les conditions côté gérant

La qualification coiffure, non négociable

La coiffure est une activité réglementée, et le locataire-gérant exploite le salon en toute autonomie : il doit donc remplir lui-même la condition de qualification, ou employer un responsable technique qualifié qui contrôle l'activité de façon effective et permanente. Selon la fiche Bpifrance Création sur le coiffeur en salon, vérifiée en octobre 2026, la qualification s'entend du BP coiffure, du BM, d'un diplôme de niveau égal ou supérieur, ou à défaut de trois ans d'expérience professionnelle effective dans le métier, acquise en France ou dans l'Union européenne. Les solutions pour diriger sans détenir soi-même le diplôme sont détaillées dans notre guide ouvrir ou reprendre un salon de coiffure sans BP : elles valent aussi pour la gérance.

Côté propriétaire, exigez les justificatifs avant la signature : confier votre fonds à un gérant non qualifié, c'est installer une infraction dans votre propre salon et dégrader la valeur de ce qui vous appartient.

Un vrai statut de chef d'entreprise

Le locataire-gérant a la qualité de commerçant (article L144-2 du Code de commerce) et, pour un salon de coiffure, exerce une activité artisanale : il doit créer ou utiliser sa propre structure (entreprise individuelle ou société), être immatriculé, tenir sa comptabilité et payer ses propres cotisations sociales de travailleur indépendant ou de dirigeant. Personne ne prélève rien pour lui : la première année, provisionnez sérieusement les cotisations et la TVA, car les appels arrivent après les encaissements.

C'est aussi le bon filtre pour savoir si le montage vous convient : un locataire-gérant est un patron, avec l'équipe, les fournisseurs, les plannings et les impayés qui vont avec. Si ce que vous cherchez est l'indépendance sans la gestion d'un salon entier, la location de fauteuil évoquée plus haut est probablement plus adaptée.

Le contrat de location-gérance : les clauses qui comptent

La loi encadre le régime, mais laisse le contenu du contrat largement libre. Les points à trancher noir sur blanc :

  • La durée. Souvent un ou deux ans renouvelables par tacite reconduction, parfois une durée ferme calée sur un projet (un départ en retraite, une vente programmée). Il n'y a pas de durée légale minimale ou maximale.
  • La redevance. Librement fixée : montant fixe, pourcentage du chiffre d'affaires, ou formule mixte. Le bon niveau est celui qui laisse au gérant une exploitation viable : une redevance qui absorbe toute la rentabilité du salon fabrique des impayés, pas un revenu. Faites poser les chiffres par un expert-comptable, sur la base des derniers bilans réels du salon. Pour le propriétaire, les redevances perçues sont imposées dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, comme l'indique impots.gouv.fr.
  • L'inventaire et l'état des lieux. Fauteuils, bacs, matériel technique, stock de produits : tout ce qui est confié doit être listé, avec son état. C'est la seule base sérieuse pour discuter, au retour du fonds, de ce qui relève de l'usure normale et de ce qui a été dégradé.
  • L'obligation d'exploiter. Le gérant s'engage à exploiter le fonds en bon professionnel, sans en changer la destination : un salon de coiffure reste un salon de coiffure. Le contrat peut ajouter des garde-fous concrets, comme le maintien de l'enseigne ou des horaires d'ouverture minimaux.
  • Les garanties. Un dépôt de garantie restitué en fin de contrat est l'usage ; une caution personnelle du gérant peut s'y ajouter pour sécuriser les redevances.
  • La sortie. Préavis, conditions de résiliation anticipée, sort des rendez-vous déjà pris, modalités de restitution du fichier clients et des accès (logiciel de réservation, fiche Google, réseaux sociaux du salon). Ces lignes-là coûtent dix minutes à écrire et évitent les pires fins de contrat.

Deux règles d'ordre public méritent d'être connues des deux côtés : le locataire-gérant n'a aucun droit au renouvellement de son contrat, et son départ ne lui ouvre droit à aucune indemnité, même s'il a développé le salon, comme le rappelle la fiche Bpifrance Création citée plus haut. La clientèle gagnée pendant la gérance enrichit le fonds, donc le propriétaire.

Les solidarités du propriétaire : le vrai risque à connaître

Mettre son salon en gérance ne coupe pas immédiatement le lien juridique avec l'exploitation. Deux solidarités pèsent sur le propriétaire, et toutes deux s'éteignent au même moment : la publication du contrat.

  • La solidarité sur les dettes d'exploitation. Jusqu'à la publication du contrat de location-gérance, le propriétaire est solidairement responsable, avec le gérant, des dettes que celui-ci contracte à l'occasion de l'exploitation du fonds (article L144-7 du Code de commerce).
  • La solidarité fiscale. Le propriétaire du fonds est solidairement responsable des impôts directs établis à raison de l'exploitation du fonds, là aussi jusqu'à la publication du contrat (article 1684 du Code général des impôts, vérifié en octobre 2026). Cette solidarité courait autrefois sur toute la durée du contrat : les textes ont été assouplis, mais les articles de blog non datés qui annoncent encore une solidarité fiscale permanente entretiennent une peur devenue largement infondée.

La conclusion pratique tient en une ligne : publiez le contrat dans les 15 jours, conservez la preuve, et la quasi-totalité du risque de solidarité disparaît. À l'inverse, côté gérant, sachez que la fin du contrat rend immédiatement exigibles les dettes afférentes à l'exploitation du fonds (article L144-9 du même code) : vos créanciers n'attendront pas votre installation suivante.

Intérêts et risques, des deux côtés du comptoir

Pour le propriétaire

Les intérêts sont réels : un revenu régulier sans gestion quotidienne, un salon qui reste ouvert et vivant (une clientèle de salon fermé fond en quelques mois), la propriété du fonds conservée, et un moyen élégant de tester un repreneur avant de lui vendre. Pour un départ en retraite progressif ou une maladie longue, c'est souvent la meilleure alternative à une vente précipitée.

Les risques sont tout aussi réels :

  • La dépréciation du fonds. Un gérant médiocre fait fuir la clientèle, néglige le matériel et abîme la réputation du salon ; or c'est votre fonds qui perd de la valeur, pas le sien. C'est le risque numéro un, et il se gère en amont : choisissez le gérant comme vous choisiriez un acheteur, références et parcours à l'appui.
  • Les redevances impayées. Un gérant en difficulté cesse d'abord de payer la redevance. D'où le dépôt de garantie, la caution éventuelle, et une clause de résiliation claire.
  • Le retour de l'équipe. À la fin de la gérance, les salariés reviennent avec le fonds, y compris ceux que le gérant a embauchés entre-temps : la masse salariale que vous retrouverez n'est pas forcément celle que vous avez confiée.

Pour le gérant

L'intérêt saute aux yeux : diriger un salon qui tourne, avec sa clientèle, son équipe et son matériel, sans apport de plusieurs dizaines de milliers d'euros ni emprunt sur sept ans. Pour un coiffeur expérimenté qui veut vérifier qu'il aime être patron avant d'acheter, c'est un banc d'essai grandeur nature, salaire du risque compris : ce que le salon dégage au-delà des charges et de la redevance est pour vous.

La contrepartie est structurelle et doit être regardée en face : vous investissez votre énergie dans une clientèle qui ne vous appartiendra jamais. Pas de droit au renouvellement, pas d'indemnité de sortie, et chaque cliente fidélisée augmente la valeur du fonds du propriétaire. La parade n'est pas dans le contrat de gérance lui-même, elle est dans la suite que vous négociez dès le départ : une promesse ou une priorité d'achat du fonds.

La fin du contrat : et après ?

Trois scénarios ferment une location-gérance de salon de coiffure.

  • Le propriétaire reprend l'exploitation. Le fonds lui revient avec l'équipe, l'inventaire est comparé à l'état des lieux d'entrée, le dépôt de garantie est soldé et une annonce légale de fin de contrat est publiée. C'est le scénario type après une maladie ou une parenthèse.
  • Le contrat est renouvelé. Tant que les deux parties y trouvent leur compte, la gérance peut durer des années. Gardez simplement en tête qu'un renouvellement n'est jamais un droit pour le gérant : chaque échéance est une vraie renégociation.
  • Le gérant achète le fonds. C'est la sortie la plus fréquente des gérances réussies, et souvent le but réel du montage : le gérant a prouvé sa capacité à faire tourner le salon, la banque finance un repreneur qui connaît les chiffres de l'intérieur, et le propriétaire vend à quelqu'un qui ne découvrira rien. Les étapes de la cession côté acheteur sont détaillées dans notre guide du rachat d'un salon de coiffure, et le parcours du propriétaire qui cède, estimation, obligations légales et fiscalité de la plus-value comprises, dans celui consacré à la vente de son salon de coiffure. Si la vente au gérant est votre objectif, écrivez-le dès le contrat de gérance : une promesse de vente avec un prix ou une méthode de prix évite trois ans de malentendus.

Organiser la continuité au quotidien pendant la gérance

Un point pratique que les contrats oublient presque toujours : les outils du salon. Pendant la gérance, le gérant exploite la clientèle du propriétaire ; à la fin, le fichier clients, l'historique des rendez-vous et la page de réservation doivent revenir au fonds, intacts. Le pire scénario est celui du gérant qui installe son propre outil dans son coin : à la restitution, l'historique de trois ans de rendez-vous repart avec lui, et le fonds rend une coquille.

La bonne pratique : le salon a son compte de réservation au nom du fonds, le contrat précise qui l'administre pendant la gérance, et les accès sont restitués à la sortie comme les clés. Avec la version gratuite de ViteUneCoupe, cette continuité ne coûte rien : réservations en ligne illimitées avec 0 % de commission, page de réservation au nom du salon, catalogue de prestations, plannings par collaborateur et fichier clients qui s'alimente à chaque rendez-vous. Le gérant peut activer le plan Standard, à partir de 29 € HT par mois sans engagement, pour ajouter les emails de confirmation, de rappel et de remerciement pendant sa gestion. Le jour de la restitution ou de la vente, l'historique complet des réservations est là, et il parle pour le salon.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre location-gérance et location de fauteuil ?

Dans la location de fauteuil, le propriétaire continue d'exploiter son salon et loue un simple poste de travail à un coiffeur indépendant qui a sa propre clientèle. Dans la location-gérance, le propriétaire se retire complètement : le gérant exploite le salon entier, clientèle et équipe comprises, à ses risques et périls, contre une redevance. La première n'a aucun cadre légal spécifique ; la seconde est régie par les articles L144-1 et suivants du Code de commerce.

Faut-il avoir exploité son salon deux ans avant de le mettre en gérance ?

Non, plus maintenant. Cette condition, longtemps posée par le Code de commerce, a été supprimée par la loi du 19 juillet 2019 : les articles qui la portaient sont abrogés. Un salon récemment ouvert ou repris peut être mis en location-gérance. Restent à vérifier le bail commercial (clause d'exploitation personnelle) et la qualification du gérant.

Le locataire-gérant doit-il avoir le BP coiffure ?

L'activité du salon doit être exercée ou contrôlée de façon effective et permanente par une personne qualifiée : BP coiffure, BM, diplôme de niveau égal ou supérieur, ou trois ans d'expérience professionnelle effective dans le métier. Le gérant peut porter lui-même cette qualification ou employer un responsable technique qualifié, exactement comme pour une ouverture ou une reprise.

Qui paie les salariés du salon pendant la location-gérance ?

Le locataire-gérant. Les contrats de travail en cours lui sont transférés automatiquement au début de la gérance (article L1224-1 du Code du travail), avec ancienneté et salaires inchangés, et ils reviennent au propriétaire si celui-ci reprend l'exploitation à la fin du contrat.

Le gérant a-t-il droit à une indemnité pour la clientèle qu'il a développée ?

Non. Le locataire-gérant n'a ni droit au renouvellement de son contrat ni indemnité de sortie, même si le chiffre d'affaires a progressé grâce à lui : la clientèle appartient au fonds, donc au propriétaire. Le gérant qui veut capitaliser sur son travail doit négocier autre chose, typiquement une promesse ou une priorité d'achat du fonds inscrite dès le contrat de gérance.

Le propriétaire reste-t-il responsable des dettes du gérant ?

Seulement jusqu'à la publication du contrat dans un support d'annonces légales : jusqu'à cette date, il est solidairement responsable des dettes d'exploitation (article L144-7 du Code de commerce) et des impôts directs liés à l'exploitation du fonds (article 1684 du CGI). D'où l'importance de publier dans les 15 jours suivant la signature et d'en garder la preuve.

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