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Horaires d'ouverture d'un salon de coiffure en Suisse : qui décide vraiment ?

Rédigé par Publié le 12 min de lecture
Illustration d'une coiffeuse qui retourne l'écriteau ouvert sur la porte vitrée de son salon au petit matin, dans une rue pavée de Suisse romande avec une fontaine et des montagnes en arrière-plan

"On ferme à 18 h 30 et le dimanche, comme tout le monde." En Suisse, cette phrase n'a rien d'une évidence légale : il n'existe aucune loi fédérale sur les heures d'ouverture des commerces. Ce que votre salon de coiffure a le droit de faire dépend de votre canton, parfois de votre commune, et surtout de la présence ou non de salariés dans votre équipe. Un salon de Genève, un salon de Lausanne et un salon de Sion ne jouent pas avec les mêmes règles.

Cet article fait le tri, canton romand par canton romand, avec les textes officiels vérifiés en octobre 2026 : ce que disent les lois cantonales d'ouverture, ce que la loi sur le travail impose dès que vous employez du personnel, et ce que la CCT coiffure ajoute par-dessus.

Un rappel avant de plonger dans les textes : vos horaires de porte ne sont plus vos horaires de réservation. Avec une page de réservation en ligne gratuite et sans commission, vos clientes prennent rendez-vous le dimanche soir pour le mardi matin, pendant que votre salon dort. On y revient en fin d'article.

Trois niveaux de règles : le local, l'équipe, la convention

Pour savoir si vous pouvez ouvrir tel jour à telle heure, trois questions se superposent :

  1. Le local a-t-il le droit d'être ouvert ? C'est la législation cantonale, ou communale dans le canton de Vaud, sur l'ouverture des magasins qui répond. À Genève, les salons de coiffure y sont nommément cités.
  2. Vos salariés ont-ils le droit de travailler à ce moment-là ? C'est la loi fédérale sur le travail (LTr) qui répond, et elle interdit par principe le travail du dimanche et des jours fériés assimilés.
  3. Qu'avez-vous promis à votre équipe ? La CCT coiffure, de force obligatoire pour tous les salons suisses, encadre la durée hebdomadaire, le jour de congé et le paiement des jours fériés.

Un indépendant seul dans son salon n'est concerné que par la première question. Dès le premier contrat de travail, les trois s'appliquent.

Genève : la LHOM consacre un article aux salons de coiffure

Genève est le canton romand le plus précis : la loi sur les heures d'ouverture des magasins (LHOM, rsGE I 1 05) traite expressément des salons de coiffure à son article 10 (texte vérifié en octobre 2026) :

  • du lundi au vendredi, le salon peut rester ouvert au public jusqu'à 19 h 30, avec la possibilité de terminer le travail en cours jusqu'à 20 h ;
  • le samedi, fermeture à 18 h 30, avec la possibilité de terminer le travail jusqu'à 19 h.

C'est un régime plus généreux que celui des magasins ordinaires, qui ferment à 19 h en semaine, 19 h 30 le vendredi et 18 h le samedi (art. 9). La loi prévoit aussi une nocturne hebdomadaire jusqu'à 21 h pour les magasins (art. 14) et des ouvertures prolongées entre le 10 décembre et le 3 janvier (art. 14A).

Le dimanche et les jours fériés légaux, en revanche, l'article 16 est sans ambiguïté : les magasins qui ne bénéficient pas d'une dérogation doivent être fermés. Les jours fériés genevois sont fixés par la loi sur les jours fériés (rsGE J 1 45) : 1er janvier, Vendredi saint, lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte, 1er août, Jeûne genevois (le jeudi qui suit le premier dimanche de septembre), Noël et 31 décembre, anniversaire de la Restauration de la République.

Vaud : pas de loi cantonale, votre commune décide

Dans le canton de Vaud, il n'existe pas d'horaire cantonal unique : le Grand Conseil a refusé d'harmoniser les horaires des commerces au nom de l'autonomie communale. Chaque commune fixe donc ses propres règles, et deux salons vaudois distants de dix kilomètres peuvent être soumis à des horaires différents.

L'exemple de Lausanne montre à quoi ressemble un règlement communal : la ville publie une page dédiée aux salons de coiffure (vérifiée en octobre 2026). Son règlement sur les heures d'ouverture et de fermeture des magasins (RHOM) autorise les salons du lundi au vendredi de 6 h à 19 h, le samedi de 6 h à 18 h, et impose la fermeture les dimanches et jours fériés. Détail appréciable pour un métier où une couleur ne s'interrompt pas : une cliente déjà installée avant la fermeture peut être servie jusqu'à 30 minutes après l'heure limite.

Si votre salon est ailleurs dans le canton, le réflexe est simple : demandez le règlement communal à votre administration, avant de l'imprimer sur votre vitrine.

Valais, Neuchâtel, Fribourg, Jura : vérifiez le canton et la commune

Pour les autres cantons romands, le paysage est plus mouvant, et l'honnêteté commande de le dire : il n'existe pas de tableau unique et stable. Quelques points de repère vérifiés en octobre 2026 :

  • Valais : la loi cantonale sur l'ouverture des magasins encadre les horaires, et sa révision permet aux communes d'accorder deux ouvertures dominicales par an aux commerces. Attention toutefois : le syndicat Unia Valais rappelle que ces dérogations visent les magasins, pas les prestataires de services comme les salons de coiffure. Renseignez-vous auprès de votre commune avant de planifier un dimanche.
  • Neuchâtel : la loi cantonale impose la fermeture des commerces les dimanches et jours fériés, et le canton précise que la fermeture s'étend au lundi de Pâques, au lundi de Pentecôte et au lundi du Jeûne fédéral.
  • Fribourg et Jura : les horaires relèvent de la législation cantonale sur le commerce, avec des nuances locales. Le plus sûr reste de valider vos horaires avec le service cantonal compétent ou votre commune.

Aucun des textes consultés n'impose le lundi fermé : c'est une habitude du métier, pas une obligation. Pour un salon qui refuse du monde le samedi, ouvrir le lundi est d'ailleurs beaucoup plus simple juridiquement que d'ouvrir le dimanche.

Travailler le dimanche ou un jour férié : la vraie frontière, c'est l'équipe

Seul ou seule au salon : votre canton décide, pas la LTr

La loi sur le travail protège les travailleurs salariés : elle ne régit pas votre propre emploi du temps d'indépendante ou d'indépendant. Si vous coiffez seul, la seule question est celle du local : à Genève ou à Lausanne, les textes imposent la fermeture dominicale du salon ; ailleurs, vérifiez la règle cantonale ou communale. La FAQ du SECO sur l'ouverture des magasins le dimanche résume bien le partage des rôles : les cantons décident quels commerces peuvent ouvrir, la Confédération protège les employés qui y travaillent.

Avec des salariés : permis, consentement et majoration de 50 %

Dès qu'un salarié est concerné, la LTr s'applique et son article 18 pose l'interdiction de principe du travail dominical. Les dérogations existent, mais elles sont étroites et encadrées par l'article 19, dont la CCT coiffure reproduit le texte en annexe :

  • le travail dominical temporaire (un événement, une période exceptionnelle) doit être autorisé par le canton et donne droit à une majoration de salaire de 50 % ;
  • le travail dominical régulier doit être autorisé par l'autorité fédérale et n'est admis que si des raisons techniques ou économiques le rendent indispensable ;
  • dans tous les cas, le salarié doit consentir au travail du dimanche ;
  • un travail dominical de plus de cinq heures ouvre droit à un repos compensatoire d'au moins 24 heures consécutives dans la semaine qui précède ou qui suit (art. 20 LTr).

La CCT coiffure confirme ce régime à son article 27 : le travail du dimanche et des jours fériés légaux est soumis au permis de l'article 19 LTr, et la compensation doit intervenir dans les six mois. Autrement dit : pour un salon de coiffure romand classique, faire travailler son équipe un dimanche ordinaire n'est pas une option légale réaliste. Le calcul rejoint celui des rendez-vous non honorés : mieux vaut optimiser les heures autorisées que de courir après des heures interdites.

Jours fériés romands : la carte canton par canton

Le 1er août est le seul jour férié fédéral ; chaque canton peut assimiler au maximum huit autres jours au dimanche (art. 20a LTr). D'où une carte romande étonnamment variée :

Canton Jours fériés assimilés au dimanche Source officielle
Genève 1er janvier, Vendredi saint, lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte, 1er août, Jeûne genevois, Noël, 31 décembre rsGE J 1 45
Vaud 1er et 2 janvier, Vendredi saint, lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte, 1er août, lundi du Jeûne fédéral, Noël Ville de Lausanne, art. 20a LTr et 47 LEmp
Valais 1er janvier, Saint-Joseph, Ascension, Fête-Dieu, 1er août, Assomption, Toussaint, Immaculée Conception, Noël Canton du Valais
Neuchâtel 1er janvier, 1er mars (République), Vendredi saint, 1er mai, Ascension, 1er août, Noël Canton de Neuchâtel
Fribourg 9 jours, différents selon la partie catholique ou réformée du canton Canton de Fribourg, art. 49 LEMT
Jura 8 jours fériés fixés par décret, dont la Fête-Dieu et le 23 juin Canton du Jura, RSJU 555.10

Côté paie, la CCT coiffure tranche une question que beaucoup de gérants se posent : aucune déduction de salaire n'est admise pour les jours fériés assimilés au dimanche (art. 32.1). Pour les autres jours fériés locaux ou usuels où le salon ferme, l'employeur peut en revanche opérer une déduction ou, avec l'accord du salarié, faire compenser les heures. Si un férié payé tombe un jour normalement ouvrable, vous pouvez demander à l'équipe de travailler le jour de congé hebdomadaire à titre de compensation, moyennant du temps libre équivalent ou un supplément.

Ce que la CCT coiffure impose à vos plannings

Même pendant les heures où le salon a le droit d'être ouvert, la CCT coiffure de force obligatoire borne ce que vous pouvez demander à l'équipe :

  • 43 heures hebdomadaires au maximum, temps de présence inclus (art. 24.1), avec un plafond absolu de 50 heures fixé par la LTr et une compensation des dépassements dans les six mois ;
  • un jour entier de congé par semaine en plus du repos hebdomadaire, généralement le dimanche (art. 26.1) : en pratique, une semaine de cinq jours par collaborateur ;
  • les salaires minimaux et les autres obligations de la convention, détaillés dans notre guide du salaire d'un coiffeur en Suisse.

Conséquence concrète : ouvrir six jours sur sept ne signifie pas que chaque collaborateur travaille six jours. Vos horaires d'ouverture et les plannings individuels sont deux choses différentes, et c'est précisément ce découplage qui permet d'élargir les horaires du salon sans épuiser personne.

Des horaires malins valent mieux que des horaires longs

Avant d'ajouter une nocturne ou un lundi, posez le calcul à froid : une heure d'ouverture supplémentaire ne crée pas de demande, elle la déplace. Si vos jeudis matin sonnent creux, commencez par les remplir intelligemment avant de payer de l'électricité et des heures de présence à 19 h 30. Et si la demande déborde réellement, concentrez l'effort là où elle explose : les semaines de décembre, où préparer les fêtes au salon rapporte plus qu'un dimanche isolé, et où Genève autorise justement des ouvertures prolongées.

C'est aussi là qu'un agenda en ligne change la donne. Avec ViteUneCoupe, votre page de réservation travaille 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, pendant que votre salon respecte scrupuleusement la LHOM ou le règlement de votre commune : vous définissez vos horaires d'ouverture, vos fermetures et les plannings de chaque collaborateur, et seuls les créneaux réellement disponibles sont proposés. La version gratuite inclut les réservations illimitées, sans aucune commission, la gestion des horaires et le fichier clients. L'offre Standard, dès 29 € HT par mois et sans engagement, ajoute les confirmations, rappels et remerciements par email ainsi que la synchronisation calendrier. Soyons transparents : la facturation se fait en euros, pas en francs, et il n'y a pas de SMS ; pour un salon romand qui veut capter les réservations du dimanche soir sans ouvrir le dimanche, l'essentiel est là.

Questions fréquentes

Un salon de coiffure peut-il ouvrir le dimanche en Suisse ?

Tout dépend du canton et de votre situation. À Genève, la LHOM impose la fermeture dominicale des magasins, salons de coiffure compris ; à Lausanne, le règlement communal fait de même. Et même là où le local pourrait ouvrir, faire travailler des salariés un dimanche exige un permis au sens de l'article 19 LTr, leur consentement et une majoration de 50 % pour le travail dominical temporaire. Un indépendant seul, lui, n'est pas soumis à la LTr pour son propre travail.

Jusqu'à quelle heure un salon de coiffure peut-il ouvrir à Genève ?

L'article 10 de la LHOM autorise les salons de coiffure à rester ouverts au public jusqu'à 19 h 30 du lundi au vendredi, avec la possibilité de terminer le travail en cours jusqu'à 20 h. Le samedi, la fermeture est fixée à 18 h 30, avec le travail en cours admis jusqu'à 19 h.

Le lundi fermé est-il obligatoire pour les coiffeurs suisses ?

Non. Aucun des textes cantonaux ou communaux consultés n'impose un jour de fermeture hebdomadaire fixe aux salons de coiffure. Le lundi fermé est une tradition du métier et une commodité de planning. Pour un salon complet le samedi, ouvrir le lundi est juridiquement bien plus simple que le dimanche : aucune autorisation, aucune majoration.

Dois-je payer mes salariés les jours fériés ?

Pour les jours fériés assimilés au dimanche par votre canton, oui : la CCT coiffure interdit toute déduction sur le salaire mensuel (art. 32.1). Pour les autres jours fériés locaux ou usuels où le salon ferme, une déduction ou une compensation des heures est possible. La liste des jours assimilés varie d'un canton romand à l'autre, de 7 jours à Neuchâtel à 9 jours à Genève ou en Valais.

Combien d'heures par semaine mon équipe peut-elle travailler ?

La CCT coiffure fixe l'horaire hebdomadaire maximum à 43 heures, temps de présence inclus, sans jamais dépasser les 50 heures de la loi sur le travail ; les dépassements se compensent dans les six mois. Chaque collaborateur a droit, en plus du repos hebdomadaire du dimanche, à un jour entier de congé par semaine.

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