Gestion du salon heures d'ouverture dimanche CP 314 Belgique

Heures d'ouverture d'un salon de coiffure en Belgique : ce que la réforme de 2026 change vraiment

Rédigé par Publié le 12 min de lecture
Illustration d'une gérante de salon de coiffure belge qui retourne l'écriteau ouvert sur la porte vitrée de son salon un dimanche matin, rue commerçante en briques en arrière-plan

"On est fermé le dimanche et le lundi, comme tout le monde." Cette phrase, des milliers de salons belges la répètent depuis des décennies. Depuis l'été 2026, elle mérite un sérieux dépoussiérage : la loi du 20 juillet 2026 a supprimé le jour de repos hebdomadaire obligatoire des commerces et élargi les heures d'ouverture autorisées. De quoi se demander, très concrètement : puis-je ouvrir mon salon le dimanche ? Le lundi ? 7 jours sur 7 ?

La réponse courte : pour vous, gérante ou gérant, oui. Pour vos salariés, c'est une autre histoire, et c'est là que la plupart des articles généralistes s'arrêtent trop tôt. Cet article fait le tri entre ce qui relève des heures d'ouverture du salon et ce qui relève du droit du travail de votre équipe, avec les sources officielles, vérifiées en octobre 2026.

Et avant de toucher à vos horaires, rappelez-vous qu'une partie du problème se règle sans ouvrir une heure de plus : avec un agenda en ligne gratuit et sans commission, vos clients réservent même quand vos portes sont closes. On y revient en fin d'article.

Ce que la loi du 20 juillet 2026 a changé le 13 août 2026

Jusqu'à l'été 2026, la loi du 10 novembre 2006 relative aux heures d'ouverture dans le commerce, l'artisanat et les services imposait aux commerces qu'elle vise un jour de repos hebdomadaire : 24 heures consécutives de fermeture, le dimanche par défaut, ou un autre jour au choix du commerçant.

La loi du 20 juillet 2026, publiée au Moniteur belge le 3 août 2026 et entrée en vigueur le 13 août 2026, a changé la donne (texte consolidé consultable sur le lien ci-dessus, vérifié en octobre 2026) :

  • le jour de repos hebdomadaire obligatoire est supprimé : les articles 8 à 14 de la loi de 2006, qui l'organisaient, sont abrogés. Un commerce peut désormais ouvrir 7 jours sur 7 ;
  • les heures d'ouverture sont élargies et uniformisées : l'accès des consommateurs est autorisé de 5 h à 21 h, tous les jours, au lieu d'une fermeture à 20 h (21 h certains jours) auparavant. Les magasins de nuit gardent leur régime propre ;
  • c'est une liberté, pas une obligation : comme l'a souligné la ministre des Indépendants et des PME Éléonore Simonet, personne n'est forcé d'ouvrir plus longtemps, chacun choisit les horaires qui correspondent à son activité et à sa clientèle.

La VRT a résumé la réforme le jour de son entrée en vigueur : ouverture possible 7 jours sur 7, de 5 h à 21 h, pour le commerce de détail.

Et les salons de coiffure dans tout ça ?

Voici la subtilité que presque personne ne précise : la loi de 2006 sur les heures d'ouverture vise d'abord le commerce de détail, c'est-à-dire la vente de produits aux consommateurs. Pour les prestataires de services, la loi prévoyait que le Roi pouvait étendre son champ d'application à certains services par arrêté royal, mais cette faculté n'a pas été utilisée, comme le rappelait déjà une analyse du barreau de Liège-Huy en 2016. Les analyses de la réforme de 2026 le confirment : les activités de services, comme la coiffure, ne sont pas concernées par cette réglementation (vérifié en octobre 2026).

Concrètement, pour un salon de coiffure dont l'activité est la prestation (couper, colorer, coiffer), le jour de fermeture obligatoire n'était déjà pas une contrainte légale avant la réforme. Et l'ancienne loi du 22 juin 1960 sur le repos hebdomadaire dans l'artisanat, qui permettait d'imposer un jour de fermeture à un secteur, a été abrogée par la loi de 2006. Si votre salon a un vrai coin boutique et que vous aviez un doute sur votre statut, la question est de toute façon tranchée depuis le 13 août 2026 : le jour de repos obligatoire a disparu pour tout le monde.

La vraie limite n'a donc jamais été la porte du salon. C'est le droit du travail de votre équipe.

Ouvrir le dimanche : libre pour vous, très encadré pour vos salariés

Vous travaillez seul ? Vous êtes libre

Un indépendant qui coiffe seul dans son salon décide de ses jours et de ses horaires. Ouvrir le dimanche matin pour capter la clientèle du marché, ou le dimanche des fêtes de fin d'année, ne demande aucune autorisation liée aux heures d'ouverture. La seule limite, c'est votre propre endurance : un dimanche travaillé doit rapporter plus que ce qu'il vous coûte en repos.

Vous employez du personnel ? L'interdiction de principe reste entière

La réforme de 2026 n'a pas touché d'un millimètre au droit du travail. Comme le soulignent les secrétariats sociaux, l'interdiction d'occuper des travailleurs le dimanche continue de s'appliquer, sauf dérogation légale. Pour la coiffure, le principe est posé par la loi du 16 mars 1971 sur le travail : le travail dominical y est interdit, rappelle le SPF Emploi.

La dérogation sectorielle existe, mais elle est étroite. Toujours selon le SPF Emploi, les salons de coiffure établis dans les stations balnéaires et climatiques et dans les centres touristiques peuvent occuper des travailleurs le dimanche, avec un plafond de 39 dimanches par année civile et par travailleur. Le travailleur récupère ensuite un repos compensatoire dans les 6 jours : une journée complète si la prestation dominicale a dépassé 4 heures, une demi-journée sinon.

Côté paie, le guide des CCT de la CP 314 publié par la CSC précise les règles sectorielles (vérifié en octobre 2026) : un supplément de 50 % sur les salaires effectifs est dû pour toute occupation un dimanche ou un jour férié, et chaque travailleur garde la garantie de 12 dimanches libres par année civile. Les heures supplémentaires prestées un dimanche ou un jour férié montent, elles, à 100 % de sursalaire. Pour mesurer ce que cela représente sur un coût salarial déjà encadré par les barèmes, relisez notre guide du salaire d'un coiffeur en Belgique.

Attention à un angle mort fréquent : ces règles valent pour tous vos travailleurs salariés, y compris les étudiants et les flexi-jobistes. Un renfort du dimanche reste un salarié occupé un dimanche.

En résumé : un salon de centre-ville à Namur, Liège ou Charleroi, hors zone touristique reconnue, ne peut en principe pas faire travailler ses salariés le dimanche. Le gérant indépendant, lui, peut ouvrir seul. Si votre salon se situe dans une commune reconnue comme centre touristique ou station balnéaire, faites valider la reconnaissance exacte de la zone et les modalités par votre secrétariat social avant de planifier le moindre dimanche.

Et le soir ? La nocturne de l'équipe s'arrête à 20 h

L'élargissement des ouvertures jusqu'à 21 h fait rêver d'une nocturne hebdomadaire pour la clientèle qui sort du bureau. Là encore, distinguez vos portes et votre équipe.

Dans la CP 314, le travail de nuit est interdit, et seul le sous-secteur du fitness a obtenu une dérogation pour les prestations entre 20 h et 23 h. Le guide CCT de la CSC est explicite : pour la coiffure et les soins de beauté, le travail après 20 h reste interdit. Une nocturne avec vos salariés se termine donc à 20 h au plus tard ; au-delà, vous coiffez seul.

À noter : l'accord d'été 2026 du gouvernement fédéral annonce des réformes du temps de travail, dont une possible suppression de l'interdiction du travail de nuit. Au moment où nous écrivons ces lignes, rien n'est adopté pour la CP 314 : tenez-vous informé via votre secrétariat social avant de promettre des rendez-vous de 21 h à votre clientèle.

Le lundi fermé : une habitude, pas une obligation

Le lundi de fermeture des coiffeurs est si ancré que beaucoup le croient imposé par la loi. Nous n'avons trouvé aucune règle en vigueur qui oblige un salon de coiffure belge à fermer le lundi : le régime de la loi de 1960 qui permettait d'imposer un jour de repos sectoriel a disparu en 2006, et le jour de repos de la loi de 2006 ne visait pas les services, avant d'être lui-même supprimé en août 2026. Si votre fédération ou votre commune vous indique une règle locale contraire, vérifiez-la sur le texte, pas sur l'habitude.

Le lundi fermé survit pour deux raisons très rationnelles : c'est historiquement le jour le plus calme, et c'est le jour de repos commode pour une équipe qui travaille le samedi. Mais pour un salon qui cherche du chiffre d'affaires supplémentaire, ouvrir le lundi est souvent bien plus simple qu'ouvrir le dimanche : aucune condition de zone touristique, aucun sursalaire de 50 %, aucune limite de 39 jours. Un lundi ouvert capte la clientèle qui ne peut pas venir le samedi, sans toucher au droit du travail dominical.

Ouvrir plus d'heures, ou mieux remplir celles que vous avez ?

Avant d'ajouter un jour d'ouverture, posez le calcul à froid :

Option Contraintes légales Surcoût direct Pour qui ?
Dimanche avec salariés Zone touristique ou balnéaire, 39 dimanches max, repos compensatoire Sursalaire 50 %, charges, énergie Salons en zone touristique à forte demande dominicale
Dimanche en solo Aucune Votre repos Indépendants sans personnel, ponctuellement (fêtes, marché)
Lundi Aucune règle spécifique Charges d'une journée de plus La plupart des salons qui refusent du monde le samedi
Nocturne jusqu'à 20 h Horaires au règlement de travail Heures décalées de l'équipe Clientèle active qui sort tard du travail

Deux garde-fous avant de trancher. D'abord, une journée d'ouverture supplémentaire ne crée pas de demande : elle ne fait que la déplacer si vos créneaux existants ne sont pas pleins. Mesurez d'abord votre taux de remplissage réel, comme expliqué dans notre méthode pour remplir les heures creuses du salon : il est absurde de payer un sursalaire de 50 % le dimanche pendant que le jeudi matin reste vide. Ensuite, si la demande déborde vraiment, comparez le coût d'un jour d'ouverture en plus avec celui d'un renfort sur les jours existants ; notre guide pour engager un coiffeur en Belgique détaille les statuts possibles, de l'étudiant au flexi-job.

Vos portes ferment à 19 h, votre agenda jamais

Le débat sur les heures d'ouverture oublie souvent l'essentiel : vos horaires physiques ne sont plus vos horaires de réservation. Le dimanche soir, quand votre salon est fermé et que personne ne décroche, c'est précisément le moment où vos clients organisent leur semaine et veulent prendre rendez-vous.

C'est exactement ce que couvre ViteUneCoupe pour les salons belges : une page de réservation ouverte 24 h/24 et 7 j/7, gratuite et sans aucune commission sur vos rendez-vous. Vous définissez les horaires de chaque collaborateur et les jours de fermeture du salon, et l'agenda ne propose que les créneaux réellement disponibles : ouvrir la réservation en ligne ne vous oblige à aucune heure d'ouverture en plus. Si vous testez un lundi ouvert ou une nocturne, vous ajustez les horaires dans l'outil et les nouveaux créneaux deviennent réservables immédiatement, sans un seul appel. La formule Standard, dès 29 € HTVA par mois et sans engagement, ajoute les confirmations et rappels par email, utiles quand on élargit ses horaires et qu'on veut que chaque créneau compte.

Autrement dit : avant de débattre du dimanche, assurez-vous déjà que les clients du dimanche soir peuvent réserver votre mardi.

Questions fréquentes

Un salon de coiffure peut-il ouvrir le dimanche en Belgique ?

Oui pour le salon lui-même : aucune règle d'heures d'ouverture ne l'interdit, et depuis le 13 août 2026 le jour de repos hebdomadaire obligatoire des commerces a de toute façon été supprimé. En revanche, y occuper des salariés le dimanche reste interdit en principe : la dérogation ne vaut que pour les salons situés dans les stations balnéaires, climatiques et les centres touristiques, avec un maximum de 39 dimanches par an et par travailleur, un sursalaire de 50 % et un repos compensatoire.

La réforme du 13 août 2026 permet-elle d'ouvrir 7 jours sur 7 ?

Oui. La loi du 20 juillet 2026, entrée en vigueur le 13 août 2026, a abrogé le jour de repos hebdomadaire obligatoire de la loi du 10 novembre 2006 et autorise l'ouverture de 5 h à 21 h tous les jours. C'est une faculté, pas une obligation, et elle ne change rien aux règles du travail dominical et du travail de nuit de vos salariés.

Mes salariés peuvent-ils travailler le dimanche dans mon salon ?

Seulement si votre salon est établi dans une station balnéaire, une station climatique ou un centre touristique reconnu. Dans ce cas, chaque travailleur peut prester au maximum 39 dimanches par année civile, avec un supplément de 50 % sur le salaire, un repos compensatoire dans les 6 jours et la garantie de 12 dimanches libres par an. Partout ailleurs, l'interdiction de principe s'applique, y compris aux étudiants et aux flexi-jobistes.

Un salon de coiffure est-il obligé de fermer le lundi ?

Non. Le lundi fermé est une tradition du métier et une commodité pour organiser le repos de l'équipe, pas une obligation légale en vigueur. Ouvrir le lundi ne demande ni condition de zone ni sursalaire : c'est souvent l'option la plus simple pour un salon qui refuse des clients le samedi.

Jusqu'à quelle heure un salon peut-il recevoir des clients le soir ?

Avec des salariés, la limite pratique est 20 h : dans la CP 314, le travail après 20 h reste interdit pour la coiffure (seul le fitness bénéficie d'une dérogation jusqu'à 23 h). Un indépendant qui travaille seul peut aller au-delà, puisque la réglementation des heures d'ouverture ne vise pas les prestations de services de coiffure.

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