Congés payés et jours fériés en coiffure : ce que prévoit la convention collective
Peut-on ouvrir le salon le 15 août ? Doit-on payer double un collaborateur qui travaille le 14 juillet ? Combien de jours de congés une coiffeuse acquiert-elle par mois ? Ces questions reviennent chaque année dans tous les salons de coiffure, et les réponses qui circulent entre confrères sont souvent approximatives, voire fausses.
La bonne nouvelle, c'est que les règles existent, noir sur blanc, dans le Code du travail et dans la convention collective nationale de la coiffure (IDCC 2596). Cet article fait le point côté gérant, textes officiels à l'appui, vérifiés sur Légifrance et sur les sites publics en octobre 2026 : les cinq semaines de congés payés et leur mécanique (acquisition, période de prise, fractionnement), puis le régime des jours fériés propre à la branche coiffure, qui est plus précis que la loi et plutôt favorable aux salariés.
Un mot de méthode avant de commencer : ces règles se vivent dans l'agenda. Un jour férié chômé ou une semaine de congés qui n'est pas bloquée dans le planning, c'est un client qui réserve en ligne un créneau que personne ne pourra assurer. Si vos clients réservent sur la page de réservation en ligne gratuite et sans commission de votre salon, les absences et congés de chaque collaborateur ferment automatiquement ses créneaux : la conformité sociale et l'agenda racontent enfin la même histoire. On y revient en fin d'article.
Congés payés en coiffure : les 5 semaines, mode d'emploi
La convention collective de la coiffure consacre son article 13.1 aux congés payés annuels. Sur l'essentiel, il reprend le régime légal, détaillé sur la fiche congés payés de service-public.gouv.fr, avec une exigence de prévenance renforcée. Voici la mécanique complète.
L'acquisition : 2,5 jours ouvrables par mois
Chaque salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif, dans la limite de 30 jours ouvrables par an, soit les fameuses 5 semaines. Les jours ouvrables comptent du lundi au samedi : une semaine de congés "consomme" donc 6 jours ouvrables, même si le salarié ne travaille que 5 jours. C'est une source classique de malentendus en coiffure, où le samedi est travaillé presque partout.
Deux précisions utiles :
- un salarié à temps partiel acquiert les mêmes 2,5 jours ouvrables par mois qu'un temps plein : le temps partiel réduit le salaire, pas le nombre de jours de congés ;
- la convention ne prévoit pas de jours de congés supplémentaires liés à l'ancienneté : la branche a choisi une prime d'ancienneté en argent, dont les montants sont détaillés dans notre article sur la grille des salaires de la coiffure.
La période de prise et le congé principal
Le congé principal, jusqu'à 24 jours ouvrables (4 semaines), obéit à deux règles :
- une fraction continue d'au moins 12 jours ouvrables doit être prise entre le 1er mai et le 31 octobre ;
- on ne peut pas poser plus de 24 jours ouvrables consécutifs, sauf contraintes particulières (salarié dont la famille vit à l'étranger, présence d'une personne handicapée ou âgée au foyer).
Le fractionnement du congé principal au-delà des 12 jours continus est possible, mais avec l'accord du salarié. Et point propre à la branche : l'article 13.1 demande que les dates de congés soient portées à la connaissance des salariés au moins 2 mois à l'avance, là où la loi se contente d'un mois. Qui décide des dates, dans quel ordre, avec quels critères de départage : cette partie "arbitrage" est détaillée dans notre guide du planning des collaborateurs en salon de coiffure, on ne la répète pas ici.
Les jours de fractionnement, le piège classique
C'est la règle que beaucoup de gérants découvrent au moment du solde de tout compte. Quand une partie du congé principal est prise en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre, le salarié gagne des jours supplémentaires :
| Jours du congé principal pris hors période (1er mai - 31 octobre) | Jours de fractionnement dus |
|---|---|
| 3 à 5 jours ouvrables | 1 jour supplémentaire |
| 6 jours ouvrables et plus | 2 jours supplémentaires |
Ces jours se calculent sur le congé principal de 24 jours : la cinquième semaine n'entre pas dans le compte. Concrètement, la coiffeuse qui garde une semaine de son congé principal pour février a droit à 2 jours de plus. Il est possible de l'éviter : la renonciation aux jours de fractionnement peut être convenue, mais elle suppose l'accord individuel du salarié (ou un accord collectif), jamais une décision unilatérale. Si vous fermez le salon en février, anticipez le sujet par écrit.
L'indemnité de congés payés
Pendant ses congés, le salarié perçoit la plus favorable des deux formules : le dixième de la rémunération brute de la période de référence, ou le maintien du salaire qu'il aurait perçu en travaillant. En pratique, c'est votre logiciel de paie ou votre expert-comptable qui fait ce comparatif à chaque bulletin. Précisons le périmètre des outils au passage : un logiciel de réservation comme ViteUneCoupe gère l'agenda et les absences des collaborateurs, il ne calcule ni les droits à congés ni la paie, qui restent l'affaire de votre comptable.
Jours fériés en coiffure : ce que dit l'article 14 de la convention
La France compte 11 jours fériés légaux, listés sur la fiche du ministère du travail. La loi n'impose le chômage que du seul 1er mai (fiche jours fériés de service-public.gouv.fr). La branche coiffure va plus loin : l'article 14 de la convention collective organise un régime spécifique, confirmé par la fiche dédiée du Code du travail numérique pour l'IDCC 2596. Textes vérifiés en octobre 2026.
Trois jours chômés et payés : 1er mai, 25 décembre, 1er janvier
Dans la coiffure, le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier sont chômés, sans réduction de la rémunération mensuelle, pour tous les salariés. Ces trois jours ne se discutent pas : le salon ne peut pas faire travailler ses salariés ces jours-là, même volontaires, même payés double.
Deux conséquences pratiques :
- les heures perdues du fait d'un jour férié chômé ne se récupèrent pas : vous ne pouvez pas demander à l'équipe de "rattraper" le 25 décembre la semaine suivante ;
- côté paie, le maintien du salaire d'un jour férié chômé suppose, selon la règle légale, 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise, sauf pour le 1er mai qui est payé sans condition.
Les 8 autres fériés : 4 travaillés au maximum, 5 sur volontariat
Restent 8 jours fériés : lundi de Pâques, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre et 11 novembre. Sur ces 8 jours, l'article 14 pose une limite claire : l'employeur ne peut faire travailler ses salariés que 4 jours fériés au maximum dans l'année. Ce plafond peut monter à 5 jours, mais uniquement sur appel au volontariat et avec l'accord écrit des salariés concernés.
L'article 14 ajoute une obligation de méthode souvent ignorée : un calendrier des jours fériés travaillés et chômés doit être établi en début d'année, en accord avec les salariés et après consultation des représentants du personnel s'il y en a. Autrement dit, décider le 10 août que le salon ouvrira le 15 n'est pas la bonne façon de faire : les fériés de l'année se posent en janvier, en même temps que les règles de congés.
Jour férié travaillé : majoration de 100 % ou repos compensateur
Quand un salarié travaille un jour férié autorisé, l'employeur a le choix entre deux contreparties :
- majorer de 100 % les heures effectuées ce jour-là (elles sont payées double) ;
- ou accorder une journée de repos compensateur.
Le choix appartient à l'employeur, mais annoncez-le avant le jour férié, pas après : un collaborateur qui vient travailler un 14 juillet en pensant être payé double et qui découvre un simple repos décalé en gardera un souvenir durable. Et si l'ouverture d'un férié ne génère pas au moins l'équivalent d'une journée de chiffre d'affaires majorée, la question de son intérêt se pose d'elle-même.
Et la journée de solidarité ?
Dernier morceau du puzzle : la journée de solidarité, souvent fixée le lundi de Pentecôte mais librement positionnable, correspond à 7 heures de travail supplémentaires non rémunérées pour un temps plein, destinées au financement de l'autonomie des personnes âgées et handicapées. Ses modalités sont fixées par accord ou, à défaut, par l'employeur, comme l'explique la fiche journée de solidarité du Code du travail numérique. Si vous la positionnez sur un férié travaillé, dites-le explicitement dans le calendrier de début d'année : c'est le point qui génère le plus d'incompréhensions en paie.
Le salon peut-il ouvrir un jour férié ?
Attention à ne pas confondre deux questions : l'ouverture du salon et le travail des salariés. Rien n'interdit à un salon de coiffure d'ouvrir un jour férié ordinaire ; ce sont les règles ci-dessus qui encadrent le travail de l'équipe (maximum 4 fériés imposés, contrepartie obligatoire). Le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier, en revanche, aucun salarié de la branche ne peut travailler : un gérant non salarié qui tiendrait absolument à coiffer seul ce jour-là n'est pas visé par cette interdiction, mais l'intérêt commercial d'une ouverture en solo un 1er mai reste à démontrer.
Reste la vraie question de gérant : ouvrir, est-ce rentable ? Un férié travaillé coûte des heures payées double ou des repos à replacer. Les fériés qui précèdent une grosse période (le 24 décembre n'est pas férié, mais le calendrier des fêtes se prépare dès novembre) rapportent souvent plus que le férié lui-même : notre guide pour préparer les fêtes au salon de coiffure détaille cette mécanique de fin d'année.
Traduire tout cela dans l'agenda du salon
Les textes posent le cadre ; l'agenda le fait vivre. Trois chantiers concrets.
Posez le calendrier de l'année en janvier
Prenez une heure en janvier et fixez, par écrit : les fériés où le salon ouvre (4 maximum imposables), la contrepartie choisie (majoration ou repos), les semaines de fermeture éventuelles, et les règles de congés de l'année. C'est exactement ce que demande l'article 14, et c'est aussi la meilleure protection contre les conflits : une règle annoncée en janvier est un cadre, la même règle annoncée en juin est un refus personnel.
Fermeture estivale ou rotation : les deux se gèrent, pas de la même façon
- La fermeture complète (2 à 3 semaines l'été, parfois une semaine en janvier) a le mérite de la simplicité : tout le monde part en même temps, personne ne se sent lésé. Vérifiez simplement la règle des 12 jours continus entre le 1er mai et le 31 octobre, et prévenez au moins 2 mois à l'avance comme le demande la convention.
- La rotation garde le salon ouvert tout l'été, ce qui compte si votre clientèle ne part pas (ou si vos concurrents ferment, car leurs clients cherchent alors un salon ouvert). Elle exige en revanche un arbitrage des départs dans les règles, et un suivi précis de qui est là quand.
Dans les deux cas, décidez tôt : les demandes de congés d'été arrivent dès février, et un gérant qui n'a pas encore choisi son mode de fonctionnement arbitre toujours mal.
Bloquez l'agenda en ligne et prévenez les clients
Un salon qui prend ses rendez-vous en ligne doit faire vivre ces décisions dans l'outil, sinon les clients réservent sur des jours fermés :
- fermez les jours fériés chômés et les semaines de fermeture dans l'agenda en ligne dès le calendrier de janvier : avec ViteUneCoupe, les absences et congés se posent collaborateur par collaborateur dans la version gratuite, et les créneaux correspondants disparaissent immédiatement de la page de réservation, un mécanisme qui sert aussi pour les absences imprévues comme un arrêt maladie d'un salarié ;
- laissez ouverts les fériés travaillés, qui sont souvent d'excellentes journées (veille de fêtes, ponts) pour les clients qui ne peuvent pas venir en semaine ;
- prévenez les habitués en amont d'une fermeture longue : affiche en caisse dès le mois précédent, mention sur la fiche Google et sur la page de réservation. Avec le plan Standard, à partir de 29 € HT par mois sans engagement, les emails automatiques de confirmation et de rappel portent déjà vos dates de rendez-vous ; pour une fermeture de 3 semaines, un mot glissé en caisse à chaque visite de juin reste le canal le plus efficace.
Le test qui ne pardonne pas : ouvrez votre page de réservation un soir de janvier et essayez de réserver un 1er mai ou pendant votre semaine de fermeture d'août. Si un créneau s'affiche, votre calendrier social n'est pas encore entré dans votre agenda.
Questions fréquentes
Quels jours fériés sont obligatoirement chômés dans un salon de coiffure ?
Trois jours : le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier. L'article 14 de la convention collective de la coiffure (IDCC 2596) les déclare chômés et payés sans réduction de la rémunération mensuelle, pour tous les salariés. La loi seule n'impose que le 1er mai ; la branche coiffure ajoute Noël et le jour de l'an.
Combien de jours fériés un coiffeur salarié peut-il être obligé de travailler ?
Au maximum 4 par an, sur les 8 jours fériés restants (lundi de Pâques, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre). Un cinquième jour est possible, mais uniquement sur volontariat du salarié formalisé par un accord écrit. Le calendrier des fériés travaillés doit être établi en début d'année.
Comment est payé un jour férié travaillé en salon de coiffure ?
L'employeur choisit entre deux contreparties prévues par la convention : une majoration de 100 % des heures effectuées ce jour-là, ou une journée entière de repos compensateur. Pour un férié chômé, le salaire est maintenu, avec une condition légale de 3 mois d'ancienneté, sauf pour le 1er mai qui est payé sans condition.
Combien de jours de congés payés un coiffeur acquiert-il ?
2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète, à temps plein comme à temps partiel. Une fraction continue d'au moins 12 jours ouvrables doit être prise entre le 1er mai et le 31 octobre, et la convention impose de communiquer les dates au moins 2 mois à l'avance.
Qu'est-ce que les jours de fractionnement en coiffure ?
Des jours de congés supplémentaires dus quand une partie du congé principal (les 24 premiers jours ouvrables) est prise hors de la période du 1er mai au 31 octobre : 1 jour supplémentaire pour 3 à 5 jours pris hors période, 2 jours à partir de 6 jours. Le salarié peut y renoncer, mais seulement par accord explicite, jamais par décision unilatérale de l'employeur.
Un salon de coiffure peut-il ouvrir le 15 août ?
Oui, le 15 août fait partie des 8 fériés qui peuvent être travaillés dans la branche, dans la limite de 4 fériés imposés par an et par salarié. Les heures effectuées sont alors majorées de 100 % ou compensées par une journée de repos, au choix de l'employeur, annoncé de préférence avant le jour en question.